Des textes produits par l'Administration : actes de surintendance, délibérations et mémoires de la ferme des Postes, Édits, ordonnances et arrêtés, le musée de la Poste, les recherches généalogiques permettent de mieux connaître ce que fut la Poste aux chevaux.
Au début de notre ère, l'empereur AUGUSTE développe, dans ce qui deviendra la France, un service de transmission rapide des messages administratifs : le Cursus Publicus, basé sur la création de routes privilégiés équipées de relais où des chevaux sont mis à la disposition de tabletiers ou messagers.
A partir du XIème siècle, de nouvelles voies royales sont ouvertes et le transport de l'information est fait par des hommes, à pied ou à cheval.
Peu à peu, le corps des messagers à pied s'amenuise tandis que croît le corps des chevaucheurs. En 1101, il semble n'y avoir qu'un seul chevaucheur royal, il en existe 16 en 1231. Philippe de Valois limite leur nombre à 13 messagers et 6 chevaucheurs en 1350, par contre, en 1380/81, 8 messagers et 36 chevaucheurs sont mentionnés dans le 1er compte de l'Hôtel du Roi Charles V
Charles POUJOL "Ébauche d'histoire régionales de la Poste aux lettres"
L'Édit de Doullens en 1464 interdisait sous peine de mort aux "maîtres tenant chevaux pour le service du roi, de faire porter d'autres ordres que ceux du roi". Les mesures s'assouplissent en 1495. Des lettres patentes de 1506 établissent des chevaucheurs dans les principaux passages et villes du royaume et il est admis qu'ils peuvent tenir hôtellerie et relais.
Naissance et développement de la Poste aux chevaux
:
Le Poste aux chevaux naîtra de la séparation du corps des chevaucheurs du roi en 2 services distincts. D'une part, certains de
ces officiers vont continuer à assurer le transport des missives royales comme par le passé, pendant que d'autres se fixeront le long des routes privilégiés, et se chargeront de fournir des
chevaux à leurs collègues restés mobiles. Ce type d'installation - qui donnera naissance aux relais - s'appelle à l'origine "Postes assises" et l'on comprend bien l'image.
Au début de l'institution, certaines routes sont dotées provisoirement de postes assises parce que le roi a besoin d'une liaison rapide avec un point
géographique déterminé. Lorsque l'intérêt disparait, la ligne est suppriméee pour être réformée ailleurs ...
Le roi Louis XI fut le premier roi à s'aviser de la rapidité accrue de l'information, grâce à un tel système. Il l'utilisa donc, sans lui donner une forme très précise, probablement dès 1477, époque à laquelle, aux dires de Commynes, il apprit la défaite de Charles le Téméraire à Morat. Comme un service plus élaboré demandait une surveillance accrue, en octobre 1479, Louis XI coiffa son double service d'un contrôleur desdits chevaucheurs pour avoir l'oeil sur eux et sur les voyages qui leur étaient ordonnées de faire ...
Les premières routes organisées partirent de Tours et fonctionnaient de jour comme de nuit.
De 1479 à 1481, les lignes suivantes furent exploitées :
| 1 | Tours (37) - Blois (41) - Orléans (45) -Paris (75). |
|---|---|
| 2 | Paris (75) - Luzarches (95) - Amiens (80) - Doullens (80) - Arras (62). |
| 3 | Tours (37) - Villefranche/Cher (41) - Mennetou/Cher (41) - Vierzon (18) - Bourges (18). |
| 4 | Tours (37) - Port de Piles (86) - Châtellerault (36) - Poitiers (86) - Bordeaux (33). |
| Des liaisons comme "Tours - Bordeaux" ou "Tours - Amiens" par Paris, soit 300 à 350 km, étaient assurées dans un délai de 20 à 24 heures et permettaient au souverain de surveiller tous les évènements militaires en Picardie et ailleurs. | |
| Fin de l'Empire romain | Le Cursus Publicus |
| Childebert II à St-Louis (575-1270) | Courriers & Messagers |
| A partir du VIIIème siècle |
Les Messagers de l'Université divisés en 2 classes : - les Grands messagers au service des maîtres et des escholiers, - les Petits messagers ou Messagers ordinaires créées au fur et à mesure des besoins (portaient les lettres et l'argent des étudiants). |
| 09 juin 1464 |
Édit de Luxies : Louis XI crée les Postes royales. Postes établies de 4 en 4 lieues (lieue de Poste = 3.898 m) et tenues par des maîtres tenant les chevaux courants pour le service du roi. Louis XI fixa à 234 le nombre de chevaucheurs. Leur nombre fut ramené à 120 (6/20) par Charles VIII, confirmé en 1509 par Louis XII. |
| 08 mai 1597 |
Création de la Poste aux chevaux par Henri IV : "Établissement des relais de chevaux de louage de poste en poste, sur les grands chemins traversés, le long des rivières, pour l'étendue de tout le royaume pour servir aux voyageurs, porte-malles, hardes, bagages (...) pour chacune traite et journée, lesquelles journées seront limitées pour les moindres de 12 lieues et les autres de 14 à 15 lieues (...)" |
| 1608 | FOUQUET DE LA VARANE nommé "Général des Postes" |
| 1625 |
Réglementations du service des chevaux de relais pour voyager par terre et des chevaux de tirage par eau. Établissement de relais le long des rivières de Seine, Marne et Oise (de 4 en 4 lieues). |
| 1630 |
Création de la Surintendance des Postes. 2 grands services : - la Poste aux chevaux (maîtres de poste) pour les voyageurs et les marchandises, - la Poste aux lettres (maîtres des courriers) pour le courrier. |
| Louis XI | 1464 |
l'Ordonnance de Luxies, près de Doullens (80), crée les relais de Poste royale au seul usage des courriers royaux. |
|---|---|---|
| Henri III | 1576 | Création des Messageries royales pour affaiblir le privilège des Messagers de l'Université (exercée depuis le XIII° siècle). |
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Henri IV & Sully |
1597 | Les relais mis à la disposition du public. |
| 1602 | Réunion de la Poste aux chevaux et de la Poste aux lettres. | |
| Louis XIII | 1630 |
Les charges des 3 surintendants des Postes & Relais deviennent héréditaires puis se confondent en charge d'intendant général des Postes. |
| 1640 | Suppression partielle du privilège des Messagers de l'Université. | |
| Louis XIV | 1663 | Le Tellier, marquis de Louvois, intendant général des Postes restaure le service. |
| Régence | 1719 | Rachat des privilèges subsistants des Messageries de l'Université. |
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Louis XVI & Turgot |
1775 |
Réunion de la Poste aux chevaux et des Messageries Les diligences surnommées Turgotines circulent à horaires fixes avec monopole d'État et jouissance des relais de la Poste aux chevaux sur 6 lignes de routes perfectionnées. |
| Avant la révolution | Plus de 3.000 relais en France. | |
| Début XIX° siècle | La diligence se compartimente en : coupé ou cabriolet - intérieur et rotonde surmontés de la banquette ou du panier et d'impériale et l'on voyage de nuit depuis le XVIII°. | |
| 1827 | L'Administration des Relais est réunie à celles des Postes. | |
| Restauration |
La concurrence met en présence des Messageries royales, les Messageries générales de France (Lafitte & Caillard) qui viennent d'absorber 3 autres compagnies. La Compagnie des Jumelles subsistera seule jusqu'en 1846. L'entreprise des Messageries royales s'entend avec les Messageries générales en lui concédant 5 lignes. |
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| Louis-Philippe Ier | 1830 | 15.000 relais avec 25.000 chevaux. |
| Après 1843 | Les chemins de fer entraînent la ruine des Messageries. | |
| 1872-1873 | Les derniers relais "Paris" et "Rouen" supprimés. | |
Nota :- Moyenne de marche d'un piéton non chargé : 6 km/heure.
- Moyenne d'un cheval au pas : 3 à 4 km/heure.
- Moyenne d'un cheval au trot : 10 à 11 km/heure.
- Moyenne d'un cheval au galop : 16 à 18 km/heure.Avant le XIX° siècle, les coches ou diligences ne dépassaient pas la moyenne horaire d'un piéton ou d'un cheval au pas.
A partir de 1830, les diligences atteignirent presque la moyenne d'un cheval au trot, les malles-postes encore mieux.
Dès 1848, les malles-postes réussirent presque à atteindre la moyenne du cheval au galop.
Mais dès 1840, les chemins de fer pouvaient atteindre 32 km/heure, soit le double !
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ha oui, mon cher Artaban,
la Poste, c'est une bien belle histoire.
Aujourd'hui, on a quand même beaucoup de soucis.
Bonne soirée.