Le "Château de Couin"

LES GRANDES DATES DU CHATEAU de COUIN

Les années précédent 1745 :
La propriété appartient alors à la famille de Landas (petit village situé entre Valenciennes et Lille) depuis la deuxième partie du XVIIe siècle et plus particulièrement à Monsieur le
Comte de Louvignies, Philippe - Albert de Landas, député de la Noblesse aux Etats d'Artois, et sa seconde épouse, de 30 ans sa cadette, Isabelle - Joseph - Rosalie d'Héricourt (Héricourt
étant situé entre Saint Pol et Frévent).
Couin ne constitue alors qu'une résidence secondaire (logis seigneurial avec cour intérieure rectangulaire) pour le couple qui souhaite néanmoins recentrer depuis quelque temps ses
intérêts personnels et professionnels en Artois.
Ils décident de réaliser la construction d'un vaste édifice de style néo-classique, sans caractère ostentatoire, conçu comme une grande demeure à vivre conforme à son temps. La maîtrise
d'œuvre est confiée à un architecte arrageois, Adrien François d'Huez, sous le contrôle direct des époux de Louvignies, inspirés tous deux des réalisations parisiennes de l'époque (Louis
XV). Trois séries de plans sont établies qui témoignent de leur recherche conjointe en matière de style et de modernité (pas d'aile en retour, léger avant-corps central, pas de surcharge,
caractère massif de l'ensemble agrémenté de riches sculptures, chaînes en bossage aux angles et aux limites de l'avant-corps, …).
1745 :
Les travaux débutent cette année-là. Quelques 180 ouvriers vont travailler pendant environ 3 ans en étant hébergés dans l'ancien logis seigneurial, démonté au fur et à mesure de
l'avancement de la construction du nouvel édifice. Certains matériaux du logis médiéval seront d'ailleurs ré employés, tout comme certains éléments du château de Saint - Léger les Authie
qui appartenait également au Comte qui ne pouvait imaginer posséder deux demeures seigneuriales qui se voyaient l'une de l'autre.
1748 :
Le gros œuvre est terminé. C'est d'ailleurs la date qui figure au dessus de la porte d'entrée principale. Commencent alors les travaux de charpente et de couverture (84 ardoises au
m2).
1750 :
Le château est enfin mis hors d'eau. Peuvent alors commencer les périodes d'aménagements intérieurs qui se succéderont jusqu'au début du XXe siècle, pour les plus récentes. Philippe -
Albert et Isabelle vont alors demeurer principalement à Couin (pendant les beaux jours) ainsi que dans leur hôtel particulier à Arras.
Les remises ont été également réalisées pendant la même période, ainsi que d'autres bâtiments, qui n'existent plus aujourd'hui , de la basse - cour, séparée de la Cour d'honneur à
l'époque par une grille,.
Les années 1760 :
Malheureusement, Philippe - Albert n'a pas connu longtemps la vie au château, puisque déjà âgé au moment de sa construction, il décède au cours de cette décennie, laissant Isabelle seule
pour poursuivre leur œuvre commune (Philippe - Albert serait enterré tout comme d'ailleurs son épouse dans le chœur de l'église de Couin).
Les années 1770 :
Isabelle fait démonter l'église du village, pour la reconstruire pierre par pierre à l'identique, afin qu'elle se présente désormais de manière strictement perpendiculaire au château.
Elle en profite pour ordonner en parallèle l'édification du presbytère (1773). Elle décède vers 1777 - 1778, laissant comme seul héritier, son fils unique Marie - Charles - Guislain de
Landas, 3e et dernier Comte de Louvignies, marié à une demoiselle de Bucy.
Les années 1780 :
Marie Charles Guislain de Landas, qui habite Couin en permanence, réaménage les écuries qui dataient encore de l'époque médiévale, en faisant remplacer la façade avant (côté remises et
donc basse-cour) par une belle façade en pierre blanche de Picardie, dans un style encore plus moderne que celui du château. C'est un certain Isnard, architecte à Amiens, qui est chargé
de réaliser cette partie nouvelle de cet ancien édifice.
A la fin de cette décennie, la révolution éclate. Le château est rapidement mis sous scellés et le Comte et son épouse sont emprisonnés. Toutefois, cette situation ne dure qu'à peine
quelques jours, le temps pour les habitants de Couin de défendre contre les révolutionnaires leur seigneur qu'ils apprécient (école et médecine gratuites), à l'image de la mère de ce
dernier, Isabelle, qui était particulièrement estimée.
Malheureusement, ces quelques jours permettent aux révolutionnaires de "buriner" les sculptures des deux frontons triangulaires du château et de les effacer de la mémoire collective,
vraisemblablement à tout jamais.
Couin passe ainsi au travers de la révolution, dans la totale incompréhension des révolutionnaires de l'époque!
Au début du XIXe siècle :
La vie est paisible à Couin. Marie Charles Guislain et son épouse vieillissent, concommitament d'ailleurs au château qui commence à se dégrader, faute d'entretien rigoureux. En effet, les
Landas n'ont malheureusement aucun héritier qui leur a survécu. Ils savent donc qu'à leur mort, le château changera de famille. Pour anticiper cette issue inéluctable, ils vendent la
propriété de quelques 520 ha en viager au Marquis de Louvencourt qui venait d'épouser une demoiselle Noircarmes de Sainte-Aldegonde, elle même fille d'une fille (donc demi sœur de Marie
Charles Guislain) du premier mariage de Philippe - Albert de Landas, le constructeur du château.
1823 :
Marie Charles guislain de Landas, Comte de Louvignies, décède, suivant de quelques années son épouse. Couin devient donc propriété "officielle" de la famille de Louvencourt, famille
originaire de Picardie où elle possède de nombreux châteaux et demeures.
C'est d'ailleurs pour cette raison, et parce que Couin est retiré de tout à une époque où les voies de circulation n'étaient pas celles d'aujourd'hui, que les Louvencourt décident de ne
pas habiter ou occuper Couin.
Toutefois, le Marquis de Louvencourt fait néanmoins réaliser un document fort précieux, un état des lieux complet et précis du château, conservé actuellement aux archives départementales
du Pas-de-Calais, par un arpenteur géomètre. Cet état nous montre un château "fatigué", non entretenu depuis plusieurs années …
Cet état témoigne surtout de l'agencement de la bâtisse et de sa décoration à l'époque (très proche d'aujourd'hui).
Les années 1830 :
Malgré cet état des lieux, la famille de Louvencourt délaisse l'édifice jusqu'au milieu des années 1830. A cette date, l'un des fils du Marquis, Louis Arthur, devient veuf jeune après
deux à trois années de mariage, et après avoir mené une vie fastueuse et insouciante à Versailles.
Désœuvré, effondré, le jeune Comte de Louvencourt décide de venir s'installer à Couin, l'une des propriétés inoccupées de la famille. Il y vit, les premières années, en véritable ermite,
se contentant d'occuper la demeure dans l'état. A partir de la fin des années 1830, il commence certains travaux de réfection indispensables dont certains sont encore parfaitement
visibles à notre époque.
A partir des années 1840 :
Louis Arthur, appelé communément Arthur, se marie en définitive en secondes noces avec Emma de Gondrecourt, une nancéenne. Ensemble ils vont apporter un certain nombre d'aménagements,
notamment intérieurs, au château (apparition des salles de bain modernes, création des toilettes à l'intérieur, installation de la grande salle à manger, nouvelle décoration de
l'antichambre d'entrée, réfection ou remplacement de parquets, …).
A leur mort, ils seront tous deux enterrés, comme la plupart de leurs descendants, dans la clairière au bout du cimetière de Couin qui appartient toujours à la famille de Louvencourt.
Des années 1860 à 1908 :
C'est le fils de Louis - Arthur et de Emma qui devient propriétaire et occupant de Couin, Guislain, Comte de Louvencourt. Guislain occupe un moment donné les fonctions électorales de
Conseiller Général du Pas-de-Calais. C'est lui qui procède à des modifications importantes du château (installation des premiers éléments d'électricité, du premier système de chauffage
central, d'une cuisine moderne composée de fourneaux en fonte, …), les Louvencourt ayant toujours été très modernes et très intéressés par les techniques et technologies modernes, selon
les dires de certains.
En 1908, Guislain de Louvencourt décède à son tour, Robert, son fils, devenant le nouveau châtelain et Seigneur de Couin.
De 1908 à la fin des années 1940 :
Robert, qui héritera du titre de Marquis, et sa femme Nicole d'Audiffret-Pasquier, originaire de Normandie (Orne), sont alors à la tête d'une immense propriété d'essence rurale, retirant
l'essentiel de ses revenus de la terre.
Pendant la Grande Guerre (1914-1918), le château a servi d'hôpital de campagne (ou d'ambulance); il s'agissait, plus que d'un véritable hôpital, d'un lieu de convalescence pour les
soldats blessés. Le front s'étant arrêté à quelques kilomètres de Couin, le château a la chance de ne pas être détruit comme tant d'autres …
Pendant la seconde guerre, le château, après avoir été une nouvelle fois transformé en ambulance, n'est pas réquisitionné comme certains transformés en Kommandantur. Toutefois, certains
rapportent qu'au sortir de la guerre, on a reproché au Régisseur du château une affinité trop marquée avec l'ennemi, et que c'est justement pour cela que la famille de Louvencourt aurait
quitté précipitamment le château vers la fin des années 1940.
La propriété ne sera alors plus jamais habitée!
Des années 1950 à nos jours :
A la fin des années 1940 et pendant les années 1950, le château a servi à quelques reprises de lieu d'hébergement pour des colonies de vacances (on trouve d'ailleurs encore aujourd'hui
quelques traces de leurs séjours).
En 1959, le Marquis Robert de Louvencourt décède suivi en 1969 de son épouse, dernière à être enterrée à Couin. La propriété est alors divisée entre les quatre héritiers, le fils Bernard
et ses trois sœurs. Le nouveau Marquis ne recueille que le château et son parc d'une vingtaine d'hectares, autrement dit un patrimoine grevé de charges importantes d'entretien sans le
moindre revenu correspondant, alors que le château n'est plus occupé depuis déjà une quinzaine d'années et qu'il commence nécessairement à se dégrader…
Cette partie de la propriété est alors vendue à un agent immobilier qui veut constituer une réserve de chasse de prestige et qui, pour ce faire, acquiert petit à petit d'autres terres
contiguës, pour reconstituer un total de 68 ha. Même si le château ne l'intéresse pas particulièrement, il en assure la sauvegarde et un minimum d'entretien, contribuant ainsi à préserver
sa plus grande richesse, son authenticité.
Le château est inscrit en totalité à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1965, attendant son heure, patiemment, pour retrouver, peut-être son lustre d'antan,….
L'époque où des fêtes prestigieuses se déroulaient dans cette demeure somptueuse, où l'orchestre prenait place, selon la rumeur, au balcon de l'escalier monumental,….
Une période faste au cours de laquelle cette demeure seigneuriale, alors particulièrement réputée, brillait de mille feux,
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