Partager l'article ! Le Château de Versailles: Deuxième partie, 1683-1686 L’appartement des collections En 1683, dans un apparteme ...
En 1683, dans un appartement, interdit à toute personne non autorisée, les architectes et les décorateurs aménagèrent des salons et des cabinets destinés à recevoir des chefs d’œuvres et les collections du roi. Dans le Salon ovale, le Cabinet aux tableaux, le Cabinet aux coquilles on exposa toutes sortes d’objets d’art et de riches curiosités; les murs portaient des tableaux de la collection royale. Ces pièces faisaient partie de l’appartement des Collectionneurs qui se terminait par le cabinet des Médailles. D’après la description de Mademoiselle de Scudéry, ce dernier était éclairé par des lustres de cristal de roche et on pouvait y admirer :
Une partie de ces trésors fut transportée, par ordre de Louis XV, au cabinet des Médailles de la Bibliothèque de Paris, le reste fut dispersé pendant la Révolution. La galerie d’Apollon, au Louvre, a recueilli quelques très belles pièces des collections de Louis XIV : vases en cristal de roche ou en matières précieuses (jaspe, cornaline, etc.) ainsi que de petits groupes de bronze.
L’année 1683 fut endeuillée par la mort de la reine Marie-Thérèse et par celle de Colbert. La surintendance des Bâtiments passera entre les mains de Louvois qui n’aime pas Le Brun et qui introduira Mignard à Versailles.
En 1684, l’appartement des collectionneurs s’agrandit par l’annexion de l’ancien appartement de Montespan, transformé en une petite galerie que décora Mignard qui trouva dans cette galerie l’occasion de rivaliser avec Le Brun. Mignard peignit le plafond en s’inspirant du thème d’Apollon et de Minerve, il décora également les plafonds des deux petits salons de la galerie. Le sol était un parquet de bois précieux, les murs étaient tendus d’étoffes somptueuses. C’est dans cette pièce que Louis XIV exposa les pièces maîtresses de sa collection de tableaux. Comme cette collection de chefs d’œuvre était considérable, on accrochait les tableaux par roulement. Dans ce cadre précieux, le roi s’attardait à contempler la Joconde.
1700, le duc d’Anjou, petit fils de Louis XIV, est proclamé roi d’Espagne et il prend le nom de Philippe V d’Espagne.
1701, transformation des appartements du Roi. La chambre du Roi se place au centre du château. L’Antichambre des Bassan et la Chambre (de 1689) furent réunis pour former la Chambre à l’œil-de-bœuf. Ces pièces furent magnifiquement meublées et tendues d’étoffes très riches, les plafonds non peints formèrent de vastes calottes blanches. Tassinari Châtel
En 1715, le nouveau roi n’étant qu'un enfant, son tuteur Philippe d’Orléans (dit le Régent, cousin germain éloigné au 2e degré de Louis XV) quitta Versailles le 9 septembre et s’installa dans sa résidence parisienne du Palais-Royal et la Cour aux Tuileries. Durant cette Régence, le duc de Noailles proposa de raser le château.
1717, Pierre le Grand, tsar de Russie, visita Versailles et résida au Grand Trianon.
1722, âgé de 12 ans Louis XV se réinstalla à Versailles dans les appartements Louis XIV.
Le nouveau souverain se montra soucieux de faire respecter les traditions de Versailles. L’ère des grandes constructions était révolue et le château ne retrouva plus le lustre des années Louis XIV — Louis XV n’appréciait pas particulièrement Versailles. Quand il s’y trouvait, il se réfugiait souvent dans les Petits Appartements dans les attiques, au-dessus de ses Grands Appartements. Mais la plupart du temps, il séjourna au Trianon, à Marly, à Compiègne ou à Fontainebleau, ou encore dans de petites résidences à proximité de Paris.
Les premières transformations consistaient en :
La nouvelle administration des Bâtiments, à la tête de laquelle se trouvait depuis 1708 le duc d’Antin, entama la décoration de la grande salle (salon d’Hercule) sous la responsabilité de Robert de Cotte qui dirigea les travaux suivant les projets élaborés dans les dernières années du règne de Louis XIV. Ce salon achevait le Grand Appartement de Le Brun et l’esprit de grandeur rejoignait celui du siècle précédent. Les parois furent recouvertes de marbres choisis par Louis XIV de son vivant et décorées par deux œuvres de Véronèse. La nouveauté résidait dans le plafond compartimenté d’aucun cadre sculpté. François Lemoyne saisit l’occasion de rivaliser avec Véronèse en peignant : « L’Apothéose d’Hercule ». Le salon d’Hercule reliait les appartements du Roi au vestibule de la chapelle. Plus tard, Gabriel envisagea de remplacer l’escalier des Ambassadeurs par un nouvel escalier qui déboucherait dans cette salle.
1729, début des travaux de renouvellement du décor de la chambre de la Reine. Robert de Cotte fournit les dessins des nouvelles boiseries.
1735, achèvement des travaux de renouvellement du décor de la chambre de la Reine par Gabriel père et fils
1736, inauguration du salon d’Hercule.
1738 à 1760, les pièces de l’appartement de collectionneurs de Louis XIV furent constamment remaniées. Les travaux commencèrent en 1738 par la création de la chambre à coucher privée du Roi, et se stabilisèrent vers 1760.
1741, Philibert Orry, qui avait remplacé le duc d’Antin, fit procéder à l’achèvement du Bassin de Neptune ;
1742, Louis XV accorde audience à Saïd Méhemet Pacha, ambassadeur extraordinaire du Grand Seigneur.
1745, à la tête de l’Administration des Bâtiments du Roi, Charles François Paul Le Normant de Tournehem succéda à Philibert Orry, grâce à l’influence de sa pupille – peut-être même sa fille naturelle – Madame de Pompadour.
1750, Louis XV introduisit un nouveau type de pièces dans les appartements royaux : la salle à manger des retours de chasse.
1751, décès de Tournehem qui fut remplacé par le marquis de Marigny, frère de Madame de Pompadour. Sous ses directives vont se révéler : l’architecte Ange-Jacques Gabriel, et deux sculpteurs de boiseries, Verbeckt et Rousseau. C’est l’appartement de Marie Leczinska qui fournit à Gabriel et à Verbeckt l’occasion de travailler ensemble.
1752, destruction de l’escalier des Ambassadeurs, de la Petite Galerie et du cabinet des Médailles. Ces témoins glorieux du règne de Louis XIV furent détruits pour la création d’un appartement destiné à l’aînée des Filles de France : Madame Adélaïde.
1755, la seconde transformation consistait à réunir l’ancien cabinet du Roi (ou du Conseil) avec le cabinet des Thermes (ou des Perruques) pour former le grand salon du Conseil. Jules Antoine Rousseau sculpta les boiseries dorées. Gabriel réutilisa une partie des anciens panneaux pour décorer les murs. Au second étage se développaient les cabinets intérieurs du roi. Dans cette partie du château aucune dorure ne colorait les boiseries. Des couleurs vives et variées égayaient les statues, peintes selon les techniques élaborées par Martin, l’inventeur du fameux « vernis Martin ». L’élément essentiel de cet appartement était une petite galerie éclairée sur la cour de Marbre. Des tableaux de Boucher, Carle Van Loo, Lancret, Pater et Parrocel étaient accrochés sur les boiseries colorées.
Pendant toute sa carrière Gabriel fit face à des problèmes de logement. La reine mit au monde huit princesses :
Pour loger toutes ces princesses, dans des appartements qui conviennent à leur rang, Gabriel effectua de multiples travaux. Au fil des années "Mesdames" changèrent d’appartements, passant de l’Aile du Midi à l’Aile du Nord, et au rez-de-chaussée du Corps Central (et même au premier étage comme nous l’avons noté pour Adélaïde). Ces déménagements successifs aboutirent à la disparition complète de l’Appartement des Bains, de l’Escalier des Ambassadeurs, et au cloisonnement de la Galerie Basse. Ces appartements furent détruits par Louis Philippe, quelques splendides boiseries ont échappé à ce saccage et nous témoignent du luxe qui régnait chez Mesdames.
Selon la tradition établie sous Louis XIV, le dauphin et son épouse prirent possessions des deux appartements du rez-de-chaussée situés sous l’appartement de la Reine et, en retour d’équerre, sous une partie de la galerie des Glaces. De merveilleuses décorations furent alors créées. Le XIXe siècle ravagea cet ensemble. Seul fut conservé la chambre du Dauphin et la bibliothèque.
1757, le 5 janvier, attentat de Damiens contre le roi.
1761 à 1768 Ange-Jacques construit le Petit Trianon
1769, la princesse Adélaïde déménagea et son appartement fut réuni à celui de Louis XV. Les deux pièces importantes de l’appartement intérieur étaient la nouvelle chambre du roi et son cabinet intérieur (cette dernière formant la plaque tournante entre les anciens salons et les « Salles Neuves » de l’appartement d’Adélaïde.
Dans la seconde partie du règne de Louis XV des projets de reconstruction des façades en regard de la ville vont prendre corps. On reprochait aux murs de Le Vau leurs matériaux et leur disposition.
1770, le 16 mai, mariage du dauphin (futur Louis XVI) avec Marie-Antoinette de Lorraine, archiduchesse d’Autriche, célébré dans la chapelle royale. Dans un même temps aura lieu l’inauguration de l’Opéra Royal à l’occasion du festin royal, elle marque le sommet de l’art de Gabriel.
1771 Gabriel présenta au roi son « Grand Projet » de reconstruction de toutes les façades côté ville. Seule l’aile droite, qui menaçait ruine, fut édifiée. Avec son pavillon à colonnes, les règles de l’architecture classique furent respectées. Le roi donna son agrément à ce projet. Comme l’argent manquait dans les caisses royales, Madame du Barry se chargea de réunir les fonds à cette opération.
1772, Les travaux du « Grand Projet » débutèrent et ne furent jamais achevés mais donnèrent naissance à l’Aile Louis XV. À l’intérieur de l’aile, les travaux du grand escalier dit Grand Degré débutent, mais ne seront achevés qu’en 1785. À la fin de l’Ancien Régime, le palais sera la résidence royale la plus luxueuse de toute l’Europe.
Pendant que Gabriel poursuivait son œuvre la vie de la cour continuait, toujours brillante et luxueuse, émaillée de bals et de fêtes. La distraction favorite de ce siècle fut le théâtre. On appréciait Voltaire pour ses tragédies et sa prose. Madame de Pompadour donnera une grande impulsion à ce mouvement.
Louis XV fut responsable de la destruction d’ensembles splendides du temps de Louis XIV, mais il avait su créer à l’intérieur du palais de magnifiques décorations. Les jardins et en particulier Trianon s’étaient enrichis du Pavillon Français et du Petit Trianon.
La décoration de ce nouveau salon débuta, dès 1712. Il se trouve à l'emplacement de l'ancienne chapelle, détruite en 1710. Le chantier est placé sous la direction de Robert de Cotte, le décorateur de la nouvelle chapelle royale. Cependant la mort du roi Louis XIV, en 1715 interrompt le chantier. Celui-ci ne reprit qu'après le retour de Louis XV au château, en 1729. Le plafond de la pièce fut décoré entre 1733 et 1736 par François Lemoyne. Il y représente l'Apothéose d'Hercule. Sur le mur du fond est exposée une immense toile de Véronèse offerte par la République de Venise au roi Louis XIV en 1664, Le Repas chez Simon. L'aménagement de la pièce fut terminé en 1736. Mais l'inauguration n'eut lieu que le 26 janvier 1739, par un « bal paré » donné à l'occasion du mariage de la fille aînée de Louis XV avec l'Infant d'Espagne. Le salon d'Hercule servit de cadre à d'exceptionnels « grands couverts » (en 1769, pour le mariage du duc de Chartres ou en 1782 pour la naissance du Dauphin) ou à des audiences extraordinaires (avec le sultan du Mysore, en 1788).
Sous Louis XVI, la vie de cour à Versailles continua à décliner, en devenant une coquille vide de sens, et fuie par les courtisans aussi bien que par la famille royale. De plus, le château se révéla un gouffre financier. L’absence de commodités (salle de bains, chauffage) dans les appartements rendit de plus en plus sensible la nécessité d’une rénovation profonde des bâtiments. Mais le manque d’argent fit remettre le projet jusqu’à la Révolution française. Marie-Antoinette imposa d'importantes dépenses pour l'aménagement du Petit Trianon, ce qui contribua grandement à la rendre impopulaire. On ne s'y réunit plus que pour de grandes circonstances, comme le 15 août, fête de l'Assomption, commémorée par une grande procession à laquelle doivent assister tous les courtisans. Celle-ci rappelle la consécration de la France à Marie, décrétée par Louis XIII. C'est au cours de la cérémonie du 15 août 1785 que le roi fait arrêter, dans la Galerie des glaces pleine de monde, son grand aumônier, le prince-cardinal Louis de Rohan, compromis dans l'affaire dite du Collier de la reine.
À son avènement en 1774, Louis XVI veut faire concevoir pour lui une pièce dédiée à sa détente. Le choix se porte sur une bibliothèque. Elle est commencée dès le début de son règne. Le décor, dessiné par Jacques-Ange Gabriel, est sculpté par Jules Antoine Rousseau. Jean-Henri Riesener sculpte une grande table à plateau monoxyle pour permettre à Louis XVI d'exposer ses biscuits de Sèvres. Deux globes, un terrestre et un céleste, complètent ce décor en 1777. C'est dans cette bibliothèque que Louis XVI décide de l'arrestation de son grand aumônier le 15 août 1785, après avoir été mal conseillé par le baron de Breteuil et son Garde des Sceaux Armand Thomas Hue de Miromesnil.
Cette pièce fut créé pour abriter une partie des collections de Louis XIV. Sous Louis XV, elle prit diverses affectations. Ainsi, elle servit au roi de pièce d'exposition pour son service de vaisselle d'or, d'où l'un de ses noms cabinet de la Vaisselle d'or. Elle fut ensuite rattachée aux appartements de Madame Adélaïde, fille de Louis XV. Cette pièce devient dès lors son cabinet de musique où Adélaïde reçut des leçons de Harpes de Beaumarchais. Mozart y aurait joué pour la famille royale, en 1763. Sous Louis XVI, cette pièce redevient une pièce d'exposition. En 1788, Louis XVI y expose l'un de ses achats personnel, le cabinet des papillons.
Versailles vit l’apogée de la France des Bourbons, mais aussi sa chute : c’est à Versailles que se tinrent les États généraux de 1789.
Le 5 octobre 1789, malgré la pluie, le peuple de Paris conduit par des femmes marche sur Versailles, ou il se heurte aux grilles du château. Une fusillade éclate. Le peuple envahit le château, et ramène la famille royale à Paris. Abandonné après le départ de la famille royale pour Paris 6 octobre 1789, le château ne retrouvera jamais ses fastes.
Le mobilier du château est transporté dans des gardes meubles. Ainsi, le fameux bureau secrétaire de Louis XV par Riesener, après avoir subi des modifications de son décor (notamment le remplacement des fleurs de lys par des ancres, cordages et autres éléments décoratifs ayant trait a la mer) est affecté au Ministère de la Marine, Place de la Concorde.
Au début de 1791, les tableaux, les glaces et tous les emblèmes trop explicites de la royauté sont décrochés des murs et des plafonds. Les œuvres d'art sont envoyées au Louvre, devenu le Musée Central des Arts en 1792.
La Convention, le 10 juin 1793, après la chute de la monarchie, vend à l'encan le mobilier du château : 17 182 lots, étalés sur les années 1793-1796. Les plus belles pièces partent pour l'Angleterre, achetées par des mandataires du roi Georges III, et meublent ou décorent le Palais de Buckingham ou le Château de Windsor. En 1792, lors de la chute de la monarchie, il fut même pillé par des vandales. Le père du peintre Delacroix pense qu'il faudrait le démolir et y passer la charrue.
Napoléon songea un temps à en faire son palais impérial, mais Versailles resta inutilisé jusqu’au retour de la monarchie. Enfin, Louis-Philippe confia à son ministre Camille Bachasson, comte de Montalivet la tâche de transformer le château en musée : c’est de cette époque que date la dédicace « À toutes les gloires de la France ».
Par la suite, Versailles ne revint plus sur le devant de la scène que de façon épisodique, voire anecdotique. Ainsi, le château devient le quartier général de l’armée prussienne lors du siège de Paris, pendant la guerre de 1870. L’Empire allemand fut proclamé dans la galerie des Glaces le 18 janvier 1871. Durant la Commune, Thiers et son gouvernement s’y réfugièrent. Ils y restèrent dans le gigantesque hémicycle aux fauteuils couleur bordeaux jusqu’en 1879, puis ce fut le cadre de l’élection des présidents de la IIIe et IVe République. Il est décoré de grandes fresques allégoriques évoquant la guerre, l’agriculture, le commerce, l’industrie et la paix.
Le traité de paix, dit traité de Versailles qui mit fin à la Première Guerre mondiale y fut signé le 28 juin 1919.
De nos jours, Versailles est un palais national à la disposition de la présidence de la république. Il sert à accueillir des chefs d’État étrangers, comme Élisabeth II en 1972, le shah d’Iran en 1974, Mikhaïl Gorbatchev en 1985 ou Boris Ieltsine en 1992. En 1982, il servit de lieu de réunion au G7.
Lieu symbolique, le château de Versailles est l’objet d’un attentat dans la nuit du 25 au 26 juin 1978. La bombe à retardement posée par deux nationalistes bretons endommage une dizaine de salles (dont la galerie des batailles), faisant pour trois millions de francs de dégâts.
D’autre part, depuis la IIIe République, Versailles sert de lieu de réunion du Congrès du Parlement. Les Assemblées disposent d’une trentaine d’appartements de fonction représentant une surface de près de 7 000 m² dans l’aile du Midi.
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