Gengis Khan
Tatiana Zerjal et d'autres chercheurs déclarent en 2003 avoir identifié une lignée de chromosome Y sur environ 8 % des hommes d'une grande partie de l'Asie (soit environ 0,5 % du total mondial des hommes). L'étude démontre que la forme des variations génétiques trouve son origine il y a 1 000 ans en Mongolie. Une expansion aussi rapide n'a pas pu se faire par simple dérive génétique mais par sélection naturelle. Les auteurs supposent que cette lignée est portée par des descendants de Gengis Khan et qu'elle s'est répandue par sélection sociale.
En plus des Khanats et d'autres descendants, la mère de l'empereur moghol Bâbur était une descendante de Gengis Khan. Tamerlan, chef militaire du XIVe siècle, prétendit aussi descendre de Gengis Khan.
Croyance religieuse
Les traditions animistes des Mongols étaient assez profondes. La relative absence de pratiques religieuses ne masquait pas leur attachement à Tengri (en), le dieu du Ciel. Certains auteurs rapportent que Gengis Khan était un strict monothéiste faisant preuve d'une grande tolérance vis-à-vis des autres croyances.
Influence sur l'Histoire militaire
Gengis Khan récupère et met en exergue les atouts des Mongols, ce sera la base des conquêtes mongoles. Mais Gengis Khan participe en de nombreux points au développement des stratégies et des tactiques de combat.
L'armée repose sur un système décimal sans doute d'origine achéménide, le « tümen », les armées étant divisées en groupes de 10, 100, 1 000 et 10 000 hommes. Les liens étroits des clans mongols sont adaptés aux unités de combat, mettant l'accent sur le collectif avec les recrues au centre et les vétérans sur les ailes.
Dès 1217, Gengis s'intéresse au problème des attaques de places fortifiées. Aidés par des artilleurs chinois qu'il forme en corps d'armée, ils bâtissent progressivement les techniques qui feront d'eux de redoutables meneurs de sièges, en particulier grâce à l'utilisation de poudre à canon.
L'arc réflexe (très ressemblant à un arc recourbé), précis et maniable, est réputé être l'arc le plus efficace.
Les chevaux originaires des steppes sont endurants. Ils peuvent parcourir jusqu'à 100 kilomètres par jour en conditions optimales. Ils se nourrissent facilement avec ce qu'ils trouvent. Les campagnes d'hiver sont préférées, les chevaux étant reposés et rassasiés.
Les soldats disposent de plusieurs chevaux, généralement au moins trois, afin d'avoir une monture fraîche toujours disponible.
La tactique, loin des clichés de hordes barbares, est très travaillée. Évitant les grands affrontements, ils préfèrent le harcèlement pour démoraliser. Ainsi, une technique appliquée est la charge directe avec un repli avant le contact simulant une fuite, les ennemis se lancent de manière désordonnée à la poursuite des fuyards en rompant la formation. Une fois arrivés sur un terrain favorable, les cavaliers mongols décochent des flèches par-dessus leur épaule, décimant les adversaires. Cette technique de tir sera appelée « flèche de Scythe ou du Parthe ».
Perception de Gengis Khan aujourd'hui
En Irak et en Iran, il est vu comme un seigneur de guerre sanguinaire et génocidaire qui causa d'immenses destructions. Un descendant de Gengis, Hulagu Khan, détruira une grande partie du nord de l'Iran. Il est l'un des conquérants les plus haïs des Iraniens, avec Alexandre le Grand et Tamerlan.
Il en est de même en Afghanistan, au Pakistan ainsi que dans d'autres pays non turcs à majorité musulmane, bien que dans certains pays il faille nuancer le tableau. On raconte que l'ethnie des Hazaras d'Afghanistan descend d'une grande garnison mongole qui stationnait autrefois sur leur terre d'origine. Les sacs de Bagdad et de Samarcande causèrent des massacres et le sud du Khuzestan fut complètement détruit. En Russie, Ukraine, Pologne et Hongrie, Gengis Khan, ses descendants et les Mongols et/ou Tatars sont généralement décrits comme de grands destructeurs.
Aujourd'hui, Gengis, ses descendants, ses généraux et les Mongols en général restent connus pour leurs forces militaires féroces, leur endurance, leur cruauté et leurs conquêtes destructives dans les livres d'histoire du monde entier.
La perception négative de Gengis Khan est donc très courante, beaucoup d'historiens citant souvent la cruauté de son règne et la destruction provoquée par les troupes mongoles, mais certains mettent l'accent sur les aspects positifs des conquêtes de Gengis Khan. Il est parfois crédité d'avoir mis la route de la soie sous un système politique cohérent. Ce système aurait ainsi théoriquement accru la communication et le commerce entre le monde occidental, le Moyen-Orient et l'Asie en étendant les horizons de chacun. Plus récemment, des historiens remarquent que Gengis Khan a instauré certains niveaux de méritocratie, et qu'il semblait assez tolérant envers les religions. Aujourd'hui, en Turquie, on voit en Gengis Khan un grand chef militaire et beaucoup de garçons sont nommés en son honneur.
Gengis Khan a longtemps été énormément respecté par son peuple pour ses victoires militaires et son association avec la culture et les systèmes politique et militaire mongols. Durant la République populaire de Mongolie, il deviendra un symbole encombrant. Gengis Khan et les Mongols étaient des sujets sévèrement réprimés par un gouvernement qui craignait probablement un regain de ferveur nationaliste. Par exemple, en 1962 la construction d'un monument sur son lieu de naissance et une conférence en son honneur mena à des critiques de la part de l'URSS et le licenciement de Tömör-Ochir, un secrétaire du Comité central du Parti révolutionnaire du peuple mongol.
Quand la démocratie est instaurée en Mongolie après la révolution démocratique du début des années 1990, le souvenir de Gengis Khan et l'identité nationale mongole virent un renouveau ; Gengis Khan lui-même deviendra la figure centrale de cette identité. Il n'est pas rare d'entendre les Mongols appeler la Mongolie « la Mongolie de Gengis Khan », eux-mêmes « les enfants de Gengis Khan » et Gengis Khan « le père des Mongols », surtout les plus jeunes.
Beaucoup de choses sont nommées en son honneur : produits, rues, immeubles, parcs... On peut voir son portrait sur des bouteilles de boisson alcoolisée ainsi que sur les billets de 500, 1 000, 5 000 et 10 000 tögrög. Le principal aéroport du pays, près de la capitale, Oulan-Bator, fut rebaptisée « aéroport international Chinggis Khaan », de grandes statues le représentant ont été érigées devant le parlement et près d'Oulan-Bator.
Il y a un débat continuel sur la surutilisation de son image et la crainte de la voir banalisée. La Mongolie le voit comme une figure centrale de la fondation de la nation mongole et comme le socle de l'idée de la Mongolie comme pays.
Aujourd'hui, Gengis Khan est largement reconnu comme l'un des leaders mongols les plus grands, les plus légendaires et les plus aimés. On le croit responsable de l'émergence des Mongols en tant qu'identité ethnique et politique, ainsi qu'à l'origine de l'écriture mongole et de la yassa, premier code juridique mongol.
Il y a une incompréhension sur la perception de sa brutalité, les Mongols croyant souvent que les documents historiques, écrits pour la plupart par des non-Mongols, sont injustement trop sévères envers Gengis Khan, exagérant sa barbarie et ses massacres et minimisant son rôle positif. Il renforça beaucoup de traditions mongoles et offrit la stabilité et l'unité aux Mongols à une époque très incertaine dû à des facteurs internes et externes.
La République populaire de Chine considère Gengis Khan comme un héros national chinois. Pour justifier ce point de vue, on affirme le plus souvent qu'il y a plus de Mongols habitant la Chine que partout ailleurs, y compris en Mongolie. On affirme aussi que son petit-fils, Kubilai Khan, fonda la dynastie Yuan qui réunifia la Chine. Toutefois, les historiens (en particulier les Occidentaux), dressent une image contrastée de Gengis Khan en Chine. Car si ses descendants réussirent à conquérir militairement la Chine, il y eut aussi beaucoup d'œuvres d'art et de littérature le louant comme un grand chef militaire et un génie politique. En tout cas, les Mongols ont laissé des traces importantes et durables, quoique discutables, sur les structures sociales et politiques chinoises.
On parle de manière positive de Gengis Khan dans plusieurs publications :
- Il est classé no 29 dans « Classement des 100 plus influentes personnalités de l’Histoire » ( " 100, a ranking of the most influential persons in history "), compilée par Michael H. Hart en 1992;
- Il est élu « Homme du millénaire » par le journal The Washington Post le 31 décembre 1995 ;
- Il est élu l'une des « 10 plus grandes légendes culturelles du millénaire » en 1998 par G. Ab Arwel et cinq juges (D. Owain, G. Parry, C. Campbell, S. Evans et B. Parry).
- Il est aussi l'un des « 50 leaders politiques les plus importants » selon le magazine National Geographic.
- La Rose noire, film américain d'Henry Hathaway avec Orson Welles, 1950.
- Le Conquérant, film américain de Dick Powell avec John Wayne, 1955.
- Genghis Khan, film (Royaume-Uni-Allemagne de l'Ouest-Yougoslavie) de Henry Levin avec Omar Sharif, 1964.
- Gengis Khan, film documentaire français, produit par Edward Bazalgette, sponsorisé par la BBC et FR2, 2005
- The Blue Wolf: To the Ends of the Earth and Sea (Aoki Ôkami : chi hate umi tsukiru made), film nippo-mongol de Shinichiro Sawai avec Takashi Sorimachi, 2007.
- Mongol de Sergei Bodrov Sr. (Russie-Kazakhstan-Allemagne) avec Tadanobu Asano, 2008.
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