Le Palais des Papes

Publié le par Franck

Troisième partie,

La venue du Roi-Soleil 

La visite du futur Roi-Soleil à Avignon eut pour cadre la tournée qu'il fit dans ses provinces provençale et languedocienne entre la signature du traité des Pyrénées, le 7 novembre 1659, et son mariage avec l'infante Marie-Thérèse, fille de Philippe IV, à Saint-Jean-de-Luz, le 9 juin 1660.

Ayant d'abord réglé le problème de la révolte des Marseillais, et reçu la soumission de la cité portuaire le 2 mars 1660, le roi avait fait une entrée triomphante dans Marseille en y pénétrant par une brèche ouverte dans les remparts.

Louis XIV, peint par Charles Le Brun, un an après sa venue à Avignon

Venant d'Aix-en-Provence, le roi arriva à Avignon, le 19 mars 1660. Accompagné de Monsieur, son frère, il entra par la porte Saint-Lazare, sous une pluie battante. Sa mère, Anne d'Autriche et le cardinal de Mazarin les rejoignirent un peu plus tard, la reine-mère étant allée en pèlerinage à Apt pour honorer les reliques de sainte Anne, sa patronne.

Le premier ministre et la souveraine furent à leur tour reçus au palais des papes par Gaspard de Lascaris, le vice-légat, et Mazarin entra dans ce lieu où 26 ans plus tôt il avait occupé les mêmes fonctions.

La Cour s'installa dans les appartements du palais puisque le roi, alors âgé de 22 ans, avait décidé de faire ses Pâques dans l'ancienne cité pontificale. Aussi, le 28 mars, il se rendit en cortège en l'église des cordeliers d'Avignon. Mais il dut satisfaire à une cérémonie obligatoire en touchant de sa main huit cents malades atteints des écrouelles qui l'attendaient dans le cloître.

Louis XIV et sa cour quittèrent Avignon et le palais des papes le 1er avril. Le cortège, escorté des chevau-légers et des mousquetaires, passa en Languedoc sur le pont Saint-Bénézet. Arrivé au milieu du Rhône, il fit tourner bride à son cheval et regarda la ville avec plaisir, s'affirmant fort satisfait de son séjour et affirmant qu'il en conserverait le souvenir.

Le peuple avignonnais en garda aussi le meilleur souvenir, puisque, désormais, à chaque Nativité, il chanta un Noël de Nicolas Saboly qui commençait ainsi :

« Quand nostre rei Louis
Vengue en aquest païs
En troubé nostro vilo
Plus gentilo
Que gist n'aguesse vist. »
Cortège du vice-légat
François-Marie de Manzi revenant à Avignon après six ans d'occupation française,
par Claude Marie Gordot, 1774

Louis XIV se souvint si bien d'Avignon qu'à deux reprises il fit occuper et annexer la cité pontificale en 1663 et en 1668. Quant à Louis XV, il fit de même de 1768 à 1774.

Ce dernier conflit entre le roi de France et les papes Clément XIII et Clément XIV fut exemplaire. En plus du droit de régale que le roi voulait imposer aux pontifes s'était greffée l'affaire des jésuites, qui chassés de France trouvaient trop facilement asile à Avignon. Ce fut le prétexte trouvé pour faire entrer à nouveau les troupes royales dans Avignon et le Comtat. L'occupation dura jusqu'à la dernière année du règne de Louis XV et de Clément XIV où furent à la fois réglés par une bulle le sort des jésuites dont l'ordre fut supprimé et la question des évêchés français et de leurs bénéfices. Le retour du vice-légat François-Marie de Manzi au palais des papes a été peint par Claude Marie Gordot et ce tableau se trouve aujourd'hui au musée Calvet.

Le massacre de la Glacière 
Gravure de l'époque révolutionnaire montrant dans le détail le massacre de la Glacière dans le palais des papes sous le conduite de Jourdan Coupe-Tête et du colonel Duprat
Jourdan Coupe-Tête, initiateur du massacre de la Glacière du palais des papes en 1791
Article détaillé : Massacre de la Glacière.

Les avancées de la Révolution, tant à Paris que dans toutes les provinces, avait soulevé les passions à Avignon et dans le Comtat Venaissin. Dans la cité papale, gouvernée par le vice-légat, les pro-français majoritaires avaient fait adopter la constitution française, élu une nouvelle municipalité le 14 mars 1790 et la population avait expulsé le vice-légat Filippo Casoni le 12 juin suivant.

En dépit des réticences de la représentation nationale française d'annexer Avignon et le Comtat, les patriotes se rassemblèrent à Bédarrides, le 18 août 1791, et dans l'église Saint-Laurent votèrent leur rattachement à la France. Cela fut fait à une forte majorité puisque le décompte des mandats pour le rattachement s'éleva à 101 046 voix favorables sur un total de 152 919. Le 14 septembre, mise devant le fait accompli, la Constituante proclama que les États d'Avignon et du Comtat faisaient désormais « partie intégrante de l'Empire français ».

Ce ne fut pas cela qui calma les partisans du maintien de l'État pontifical. Ils firent placarder une affiche, le 16 octobre 1791, dénonçant le dépouillement des églises et la confiscation des cloches au nom de la nouvelle patrie. Puis le bruit courut que la statue de la Vierge aux cordeliers en avait pleuré. Le patriote Lescuyer, secrétaire-greffier de la commune, fut dépêché sur place. Pris à partie, accusé de malversations, il fut assassiné dans l'église-même par les papistes.

Aussitôt informés, Mathieu Jouve Jourdan dit « Jourdan Coupe-Tête », commandant du For, et Jean Étienne Benoît Duprat, dit Duprat aîné, colonel de la garde nationale d'Avignon, firent arrêter tous ceux qui étaient soupçonnés, de près ou de loin, d'avoir pu tremper dans cet assassinat ou d'en avoir été les complices. Dans la nuit, tous les suspects - au nombre de soixante - furent incarcérés dans les anciennes prisons du palais des papes puis, sur ordre de Jourdan, massacrés et jetés dans la « glacière » des vice-légats, c'est-à-dire à la base de la « tour des Latrines ». Leurs cadavres furent ensuite recouverts de chaux vive.

L'affaire fit grand bruit et remonta jusqu'à Paris. Le gouvernement révolutionnaire, qui venait de publier, le 26 octobre, le décret du rattachement dépêcha des « commissaires civils » qui furent escortés par des troupes placées sous le commandement du général Choisy. Arrivés sur place, ils ordonnèrent arrestations et poursuites. Mais le 19 mars 1792, une amnistie générale votée par la Chambre des députés mit un point final à l'enquête.

Du XIXe siècle à nos jours 

Après la Révolution, une partie du bâtiment devint une caserne affectée au génie militaire. Puis, de 1881 à 1900, s'y installa un régiment d'infanterie. Le commandement militaire rebaptisa alors le palais en « Caserne Duprat » en l'honneur de Jean Étienne Benoît Duprat, ancien colonel de la Garde nationale d'Avignon devenu général d'Empire et mort à Wagram.

Ce fut là aussi que la direction pénitentiaire installa une prison départementale.

Sous Napoléon III, Viollet-le-Duc proposa un projet de restauration de l'édifice afin de le rendre plus conforme à son statut de monument historique, mais ce fut peine perdue. Ce projet vit le jour dès 1860, mais la guerre de 1870 l'empêcha d'être mené à terme et sauva ainsi de la destruction des voûtes de la Grande Audience qu'il désirait faire supprimer. Le site resta militaire.

   

Charles de Montalembert, dans son Du vandalisme en France - Lettre à M. Victor Hugo, décrit l'état du palais lors de l'occupation militaire de la façon suivante :

« L'œuvre de destruction a été commencée par Louis XIV ; après qu'il eut confisqué le comtat Venaissin sur son légitime possesseur, il fit abattre la grande tour du palais pontifical, qui dominait les fortifications récentes de Villeneuve d'Avignon. La révolution en fit une prison, et une prison douloureusement célèbre par le massacre de la Glacière. L'empire ne paraît avoir rien fait pour l'entretenir. La restauration a systématisé sa ruine. Certes, ce palais unique avait bien autrement le droit d'être classé parmi les châteaux royaux, que les lourdes masures de Bordeaux ou de Strasbourg ; certes, le roi de France ne pouvait choisir dans toute l'étendue de son royaume un lieu plus propice à sa vieille majesté, au milieu de ces populations méridionales qui avaient encore foi en elle. Mais point. En 1820, il fut converti en caserne et en magasin, sans préjudice toutefois des droits de la justice criminelle, qui y a conservé sa prison. Aujourd'hui, tout est consommé ; il ne reste plus une seule de ces salles immenses dont les rivales n'existent certainement pas au Vatican. »

 

Plan du palais des papes en 1914
Cachet temporaire de la poste du palais des papes,
mis en service lors de l'exposition industrielle, agricole et artistique qui se déroula du 5 mai au 9 juin 1907

Il décrit ensuite le nouvel aménagement des salles du palais transformées en chambrées :

« Chacune d'elles a été divisée en trois étages, partagées par de nombreuses cloisons ; c'est à peine si, en suivant d'étage en étage les fûts des gigantesques colonnes qui supportaient les voûtes ogives, on peut reconstruire par la pensée ces enceintes majestueuses et sacrées, où trônait naguère la pensée religieuse et sociale de l'humanité. L'extérieur de l'admirable façade occidentale a été jusqu'à présent respecté, mais voilà tout : une grande moitié de l'immense édifice a été déjà livrée aux démolisseurs ; dans tout ce qui reste, ses colossales ogives ont été remplacées par trois séries de petites fenêtres carrées, correspondantes aux trois étages de chambrées dont je viens de parler : le tout badigeonné proprement et dans le dernier goût. Dans une des tours, de merveilleuses fresques, qui en couvraient la voûte, ne sont plus visibles qu'à travers les trous du plancher, l'escalier et les corridors de communication ayant été démolis. D'autres, éparses dans les salles, sont livrées aux dégradations des soldats, et aux larcins des touristes anglais et autres. Le juste-milieu, pour ne pas rester en faute à l'égard de ses prédécesseurs, vient d'arrêter la démolition des arcades de la partie orientale, pour faire une belle cour d'exercice. »

Au changement de siècle, soit plus d'une soixantaine d'années après que Charles de Montalembert eut écrit son Vandalisme en France, lettre à M. Victor Hugo le palais demeurait en très mauvais état. La façade principale avait été dépourvue de ses deux tours qui la rendent si reconnaissable de nos jours, les intérieurs étaient encombrés des détritus consécutifs à l'occupation militaire, les statues avaient été brisées, des fenêtres et des portes ouvertes sans aucun respect de l'architecture comme par exemple au niveau du portail de la grande chapelle dans laquelle le génie militaire s'était autorisé à percer une porte, etc.

La ville d'Avignon ne récupéra le palais qu'en 1902. En contre-partie une nouvelle caserne dut être construite par la ville en dehors des remparts, la caserne Chabran. En septembre 1906, les troupes quittèrent le palais. En un siècle, le Génie militaire avait bien travaillé et « sa caserne ressemblait à toutes les casernes ». Dans ce palais défiguré que le Ministère de la Guerre venait de restituer à la ville commencèrent les restaurations. Depuis, sans vraiment que y voir un terme aux travaux, de nombreuses parties ont été restaurées et d'autres semblent en prévision.

Cinq ans plus tard, le palais fut ouvert au public pour une exposition industrielle, agricole et artistique qui se déroula du 5 mai au 9 juin 1907. Les exposants installèrent leurs stands dans la salle de la Grande Audience et dans la Grande chapelle de Clément VI à peine déblayées après le départ de la troupe. Le public eut à sa disposition un bureau de poste temporaire dont le cachet à date fut gravé au nom du Palais des papes. L'exposition se termina par une grande fête provençale placée sous la présidence de Frédéric Mistral et au cours de laquelle fut promenée la Tarasque venue spécialement de Tarascon.

Le 14 octobre 1913, Raymond Poincaré, le nouveau président de la République, venu de Marseille pour rencontrer Frédéric Mistral et Jean-Henri Fabre, s'arrêta à Avignon et monta en calèche, entouré du 7e Hussard de Tarascon, au palais des papes et au rocher des Doms. C'était la fin d'une période.

Les étapes de la restauration 

Paul Pamard, qui fut maire d'Avignon entre 1852 et 1870, dès le début de son mandat, avait été le premier à œuvrer pour que le ministère de la Guerre rétrocédât à sa ville le palais. Pour appuyer son action, en 1858, le Conseil Général de Vaucluse adressa une requête à Napoléon III. Et quand l'empereur vint en visite à Avignon deux ans plus tard, il s'engagea à faire évacuer les troupes du palais et à le faire restaurer. La Commission des Monuments Historiques chargea alors Viollet-le-Duc de lui soumettre un projet de restauration et d'utilisation de ce monument.

Si celui-ci commença à être évacué en 1869, la guerre de 1870 bloqua le processus. Ce qui obligea Viollet-le-Duc à revenir à la charge, le 30 mai 1879, en présentant un nouveau rapport pour hâter le retrait des troupes. La Commission des Monuments Historiques ayant nommé un nouvel architecte en chef, Henri Antoine Révoil, celui-ci prit en charge le dossier, en 1881, et commença dès l'année suivante à restaurer la chapelle Benoît XII. Cette même année 1882, le Congrès archéologique de France ayant tenu ses assises à Avignon, émit le vœu d'accélérer les travaux de restauration. Pourtant ce ne fut qu'en 1902, que Révoil put restituer le crénelage de la tour de la Campane.

Victor Nodet lui ayant succédé, en 1903, le premier souci du nouvel architecte fut de rechercher dans l'iconographie quel était l'état initial du palais. Il entreprit alors de supprimer les bâtiments militaires et, dès 1907, put se lancer dans la rénovation des salles de la Grande Audience et de la chapelle de Clément VI. Afin de déterminer et proposer aux Monuments Historiques tout ce qui pouvait avoir trait à la restauration, la conservation ou l'entretien, en 1912, la municipalité d'Avignon mit en place une commission consultative du palais des papes.

Les réglementaires badigeons gris ayant été éliminés des murs entre 1906 et 1911, cela permit à Louis-Joseph Yperman d'entreprendre une première restauration des fresques des chapelles Saint-Jean et Saint-Martial, de la chambre du Cerf et de l'Audience. Puis Albert-Jacques Gsell-Maury procéda à d'autres restaurations en 1913. La tour de la Garde-Robe ayant été consolidée en 1924, l'architecte et décorateur Armand-Albert Rateau put procéder à une révision des murs peints à fresques de la Chambre du pape en 1936. La seconde guerre mit un terme à la restauration des peintures qui ne reprit effectivement qu'en 1960

Les fresques de la chapelle Saint-Martial ont commencé à être restaurées en 2005. C'est un ensemble exceptionnel qui témoigne de la haute qualité artistique de la « première école d'Avignon » et de son chef de file Matteo Giovanetti.

Pour la partie architecturale, les travaux de restauration voulus par Nodet sur le palais neuf s'achevèrent, en 1925, avec le déblaiement du « Verger d'Urbain V ». Un an après débutait un nouveau chantier avec la remise en état du Grand Tinel dans le palais vieux. Cette restauration fut terminée en même temps que celle de la Cuisine haute et la reconstruction des tourelles de la façade en 1933. La poursuite des travaux ne redémarra qu'en 1946 avec l'aménagement de la salle du Consistoire et la restauration de la tour d'angle.

Une nouvelle campagne de restauration se déroula de 1961 à 1963 dans la chambre du Parement puis fut continuée entre 1966 et 1968 pour la salle de Jésus. L'aile du Conclave put être entièrement restaurée de 1970 à 1976, ce qui permit d'y aménager un Centre de Congrès. Les travaux de remise en état des pièces du palais s'achevèrent pour le XXe siècle, entre 1979 et 1981, avec la restauration de la chapelle Benoît XII qui avait initiée ceux du XIXe siècle.

Le classement au Patrimoine mondial de l'UNESCO 

En 1995, le palais des papes a été classé en même temps que le centre historique d'Avignon, l'ensemble épiscopal et le pont d’Avignon (pont Saint-Bénézet), sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, selon les critères de sélection :

  • i : représente un chef-d'œuvre du génie créateur humain.
  • ii : témoigne d'un échange d'influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l'architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages.
  • iv : offre un exemple éminent d'un type de construction ou d'ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l'histoire humaine.

Aujourd'hui : le palais de la culture 

Avec maintenant environ 650 000 visiteurs par an, le palais des papes est toujours l'un des dix monuments les plus visités de France, ce qui était déjà le cas en 1998 où le palais a reçu officiellement 542 450 visiteurs, se plaçant alors en 8e position, devant les tours de Notre-Dame de Paris.

Il existe au palais une « librairie boutique » et une « bouteillerie » (située dans une salle d’artillerie, à l’arrière du palais des papes). Toutes deux sont des espaces où l'entrée est libre.

Manifestations culturelles 

Le lieu, de par sa dimension, ses qualités architecturales et l'ambiance qu'il procure, sert régulièrement pour des expositions. La première d'importance se tint du 27 juin au 30 septembre 1947. Elle eut lieu dans la Grande Chapelle à l'initiative de René Char. C'était une « Exposition de peintures et sculptures contemporaines » organisée par Yvonne Zervos et ce fut le point de départ de ce qui allait devenir le Festival d'Avignon sous l'impulsion de Jean Vilar. Un catalogue de 92 pages fut édité à cette occasion.

La seconde se déroula à l'occasion des centenaires pontificaux 1352-1952. Le palais accueillit une « Exposition d'art sacré et d'art populaire : Histoire du palais des papes ». Là aussi une plaquette fut éditée

.

Une première exposition de Picasso se tint au palais de mai à octobre 1970. Elle fut suivie d'une seconde qui se déroula du 23 mai au 23 septembre 1973 et comprenait 201 peintures]. En cette occasion fut édité par Rulliére-Libeccio d'Avignon en collaboration avec la Galerie Louise Leiris « Photographies en noir et en couleurs : Mario Atzinger », un ouvrage de 236 pages préfacé par René Char. L'exposition Picasso, qui devait devenir permanente, a pris fin en 1976 à la suite d'un vol.

À l'occasion du XXXIIe Festival d'Avignon, le palais des papes consacra, du 20 juin au 10 septembre 1978, une rétrospective à Fernand Mourlo et à ses ateliers de lithogravure. Intitulée « Cinquante années de lithographie », cette exposition fut l'occasion pour l'artiste d'éditer une plaquette de 55 pages avec ses œuvres exposées.

L'année suivante, sous l'autorité de Sylvain Gagnière, du 25 juin au 15 octobre 1979, fut organisée une exposition consacrée à Nicolas Mignard, dit Mignard d'Avignon. En cette occasion fut publié un catalogue de 174 pages dû à Antoine Schnapper.

Trois autres expositions majeures furent ensuite organisées par Roland Aujard-Catot. La première fut une rétrospective du peintre Alfred Lesbros, du 25 septembre au 1er novembre 1981. La seconde célébra le centenaire d'Auguste Chabaud, du 28 septembre au 31 octobre 1982. Puis six ans plus tard, ce fut un hommage à Magnelli, lors de l'exposition du centenaire à la Grande Chapelle du palais des papes, du 8 juillet au 30 septembre 1988.

En 2003, le palais des papes accueille l'exposition Trésors publics des Fonds régionaux d’art contemporain sur le thème Esprits des lieux

Ce fut en 1990, qu'Avignon et son festival rendirent hommage à René Char lors d'une exposition organisée par Marie-Claude Char et intitulée « René Char : faire du chemin avec... ». Un catalogue de 325 pages fut édité qui cite la fameuse phrase de Jean Vilar à propos de son ami : « Le Festival est une idée de poète ».

L'exposition sur « Catherine de Sienne » dans la grande chapelle du palais en 1992 marque un tournant avec l'internationalisation des thèmes. Organisée par Esther Moench, Christian et M. Loury, elle a permis l'édition d'un catalogue. Cinq ans plus tard, du 14 juin au 28 septembre 1997, ce fut une exposition conjointe entre le palais des papes et le petit palais d'Avignon qui fut consacrée aux « Histoires tissées ». Odile Blanc, pour le palais des papes, retint le thème de « La légende de Saint-Étienne » tandis que Sophie Lagabrielle et Esther Moench, pour le Musée du petit palais, choisissaient celui de « Brocarts célestes ». L'année suivante ce fut « Trésors d'horlogerie », exposition organisée par Catherine Cardinal et Dominique Vingtain qui se déroula du 30 mai au 27 septembre 1998, dans les salles du palais.

Avec « Passages d'une rive à l'autre », le thème de l'exposition, qui fut ouverte entre juin 2000 et avril 2001, mêla à la fois la partie locale, la position d'Avignon et Villeneuve-lès-Avignon face à face sur les deux rives du Rhône, mais aussi une spécificité internationale, Avignon était en « terre d'Empire » et Villeneuve en « terre de France ». Elle fut organisée par Françoise Chauzat, Jean-Pierre Locci et Catherine Reversac avec la participation des Archives départementales de Vaucluse.

Le thème initial des expositions d'Art contemporain n'a jamais été oublié puisque deux ans plus tard, dans le cadre des célébrations à travers la France des vingt ans de création des Fonds régionaux d’art contemporain, le palais accueillit, du 28 juin au 12 octobre 2003, une exposition consacrée à l'Esprit des Lieux qui proposa un « parcours articulé autour des réflexions majeures de l'art » sur ces trente dernières années.

L'exposition sur « Saints de Byzance : icônes grecques de Veroia XIe ‑ XVIIe siècle » fut le fruit d'une étroite collaboration internationale entre le palais des papes et des organisations helléniques. Cette 11e Ephoreia Vyzantinōn Archaiotētōn, qui ouvrit ses portes du 3 décembre 2004 au 2 avril 2005, eut comme commissaires Jenny Albani et Andreas Nikolaidēs, qui firent publier leur catalogue par les Éditions I. Sideris.

Mais ces expositions peuvent toucher l'art dans ses formes les plus variées et c'est ainsi qu'en 2008, plusieurs expositions ont été organisées dont une sur les costumes de scène de Jean Vilar entre 1947 et 1963.

 

 



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