Offenbach
| Jacques Offenbach | |
| Offenbach par F. Grünewald (1881) | |
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| Surnom | Le Petit Mozart des Champs-Élyseés |
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| Nom de naissance | Jacob Offenbach |
| Naissance | 20 juin 1819 Cologne, Allemagne |
| Décès | 5 octobre 1880 Paris, France |
| Lieux de résidence | Paris, Étretat |
| Activité principale | Compositeur, Violoncelliste |
| Style | Musique classique |
| Activités annexes | Directeur de la musique à la Comédie-Française, directeur de théâtre |
| Lieux d'activité | Paris, Vienne, Baden-Baden |
| Années d'activité | 1838 - 1880 |
| Collaborations | Ludovic Halévy, Henri Meilhac |
| Éditeurs | Brandus, Heugel, Choudens |
| Formation | Conservatoire de musique de Paris |
| Élèves | Léo Delibes |
| Œuvres principales | |
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| Scènes principales | |
Jacques (Jacob) Offenbach est un compositeur et violoncelliste allemand, naturalisé français, né à Cologne le 20 juin 1819 et mort à Paris le 5 octobre 1880.
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Biographie
Jacques Offenbach naît en Allemagne en 1819. Son père, Isaac Judas Eberst, est cantor de la synagogue de Cologne. Originaire d'Offenbach am Main près de Francfort, celui-ci adopte le patronyme d'Offenbach vers 1810, en vertu du décret napoléonien du 28 juillet 1808.
Le jeune Jacob révèle très jeune ses dons pour le violoncelle, ce qui conduit son père à lui faire poursuivre ses études musicales à Paris. Offenbach étudie le violoncelle au Conservatoire de Paris, où il est admis à titre dérogatoire à l'âge de quatorze ans, et débute parallèlement une carrière de soliste virtuose. Indiscipliné, il quitte l'établissement au bout d'un an pour rejoindre l'orchestre de l'Opéra-Comique, puis devient directeur musical de la Comédie-Française en 1847, grâce au succès d'une série de chansonnettes. En 1855, il crée son propre théâtre, les Bouffes-Parisiens, alors situé sur les Champs-Élysées, afin qu'y soient exécutées ses propres œuvres. Il travaille entre autres avec les librettistes Henri Meilhac et Ludovic Halévy.
Émule de Rossini et de Mozart, il est le créateur de l'opéra-bouffe français, que l'on confondit par la suite avec l'opérette, genre dans lequel il excelle également mais dont on doit la paternité à son rival - et néanmoins ami - le compositeur-interprète Hervé. Parmi la centaine d'œuvres qu'il compose en 40 ans d'activité, plusieurs sont devenues des classiques du répertoire lyrique, d’Orphée aux Enfers en 1858, son premier grand succès grâce notamment à son « galop » final, aux Contes d'Hoffmann, en passant par La Grande-Duchesse de Gérolstein, La Belle Hélène, La Vie parisienne ou Les Brigands (et le fameux « bruit de bottes » des carabiniers arrivant après la bataille).
Il meurt dans la nuit du 4 au 5 octobre 1880 à 61 ans des suites de la goutte, quatre mois avant la création des Contes d'Hoffmann, alors en répétitions. Il est enterré au cimetière de Montmartre (division 9) et sa tombe a été réalisée par Charles Garnier.
Œuvres principales
- 1839
- Pascal et Chambord, comédie d'Anicet-Bourgeois et Édouard Brisebarre (musique de scène et couplets)
- 1847
- Grand Concerto pour violoncelle et orchestre dit « Concerto militaire »
- 1855
- Une nuit blanche, opéra-comique (livret d'Édouard Plouvier)
- Les Deux Aveugles, opérette (« bouffonerie musicale ») (livret de Jules Moineaux)
- Le Violoneux, opérette (« légende bretonne ») (livret d'Eugène Mestépès et Émile Chevalet)
- Ba-ta-clan, opérette (« chinoiserie musicale ») (livret de Ludovic Halévy)
- 1856
- Tromb-al-ca-zar ou les Criminels dramatiques, opérette (« bouffonerie musicale ») (livret de Charles Dupeuty et Ernest Bourget)
- La Rose de Saint-Flour, opérette (livret de Michel Carré)
- Le Financier et le Savetier, opérette-bouffe (livret d'Hector Crémieux)
- La Bonne d'enfant, opérette-bouffe (livret d'Eugène Bercioux)
- 1857
- Les Trois Baisers du diable, opérette fantastique (livret d'Eugène Mestépès)
- Croquefer ou le Dernier des paladins, opérette-bouffe (livret d'Adolphe Jaime fils et Étienne Tréfeu)
- Dragonette, opérette-bouffe (livret d'Adolphe Jaime fils et Eugène Mestépès)
- Vent du Soir ou l'Horrible Festin, opérette-bouffe (livret de Philippe Gille)
- Une demoiselle en loterie, opérette-bouffe (livret d'Adolphe Jaime fils et Hector Crémieux)
- Le Mariage aux lanternes, opérette (livret de Michel Carré et Léon Battu)
- Les Deux Pêcheurs ou le Lever du soleil, opérette (« bouffonerie musicale ») (livret de Charles Dupeuty et Ernest Bourget)
- 1858
- Mesdames de la Halle, opérette-bouffe (livret d'Armand Lapointe)
- La Chatte métamorphosée en femme, opéra-comique en un acte (livret d'Eugène Scribe et Mélesville)
- Orphée aux Enfers, opéra-bouffe (livret de Ludovic Halévy et Hector Crémieux) - Suivi d'une 2e version en 1874
- 1859
- Un mari à la porte, opérette (livret d'Alfred Delacour et Léon Morand)
- Les Vivandières des zouaves, opérette (livret d'Adolphe Jaime fils et Pittaud de Forges)
- Geneviève de Brabant, opéra-bouffon (livret d'Adolphe Jaime fils et Étienne Tréfeu, puis Hector Crémieux) - Suivi d'une 2e version en 1867 et d'une 3e en 1875
- 1860
- Daphnis et Chloé, opérette (livret de Clairville et Jules Cordier)
- Le Papillon, ballet-pantomime (livret de Marie Taglioni et Saint-Georges)
- Barkouf, opéra-bouffe (livret d'Eugène Scribe et Henri Boissaux)
- 1861
- La Chanson de Fortunio, opéra-comique (livret de Ludovic Halévy et Hector Crémieux)
- Le Pont des soupirs, opéra-bouffon (livret de Ludovic Halévy et Hector Crémieux) - Suivi d'une 2e version en 1868
- Monsieur Choufleuri restera chez lui le..., opérette-bouffe (livret du duc de Morny)
- Le Roman comique, opéra-bouffe (livret de Ludovic Halévy et Hector Crémieux)
- 1862
- Monsieur et Madame Denis, opéra-comique (livret de Laurencin et Michel Delaporte)
- Le Voyage de MM. Dunanan père et fils, opéra-bouffe (livret de Paul Siraudin et Jules Moineaux)
- 1863
- Les Bavards, opéra-bouffe (livret de Charles Nuitter)
- Il signor Fagotto, opérette (livret de Charles Nuitter et Étienne Tréfeu)
- Lischen et Fritzchen, opérette (« conversation alsacienne ») (livret de Paul Boisselot)
- 1864
- L'Amour chanteur, opérette (livret de Charles Nuitter et Ernest L'Épine)
- Die Rheinnixen (Les Fées du Rhin), opéra romantique (livret en allemand de Karl von Wolzogen)
- Les Géorgiennes, opéra-bouffe (livret de Jules Moineaux)
- Jeanne qui pleure et Jean qui rit, opérette (livret de Charles Nuitter et Étienne Tréfeu)
- La Belle Hélène, opéra-bouffe (livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy)
- 1865
- Coscoletto ou le Lazzarone, opéra-bouffe en 2 actes (livret de Charles Nuitter et Étienne Tréfeu)
- Les Bergers, opéra-comique (livret de Philippe Gille et Hector Crémieux)
- 1866
- Barbe-Bleue, opéra-bouffe (livret de Meilhac et Halévy)
- La Vie parisienne, opéra-bouffe (livret de Meilhac et Halévy) - Suivi d'une 2e version en 1873
- 1867
- La Grande-Duchesse de Gérolstein, opéra-bouffe (livret de Meilhac et Halévy)
- La Permission de dix heures, opéra-comique (livret de Mélesville et Pierre Carmouche)
- Robinson Crusoé, opéra-comique (livret d'Eugène Cormon et Hector Crémieux)
- 1868
- Le Château à Toto, opéra-bouffe (livret de Meilhac et Halévy)
- L'Île de Tulipatan, opéra-bouffe (livret d'Henri Chivot et Alfred Duru)
- La Périchole, opéra-bouffe (livret de Meilhac et Halévy) - Suivi d'une 2e version en 1874
- 1869
- Vert-Vert, opéra-comique (livret d'Henri Meilhac et Charles Nuitter)
- La Diva, opéra-bouffe (livret de Meilhac et Halévy)
- La Princesse de Trébizonde, opéra-bouffe (livret de Charles Nuitter et Étienne Tréfeu)
- Les Brigands, opéra-bouffe (livret de Meilhac et Halévy) - Suivi d'une 2e version en 1878
- 1871
- Boule-de-neige, opéra-bouffe d'après Barkouf (livret de Charles Nuitter et Étienne Tréfeu)
- 1872
- Le Roi Carotte, opéra-bouffe-féerie (livret de Victorien Sardou)
- Fantasio, opéra-comique (livret de Paul de Musset)
- Der schwartze Korsar (Le Corsaire noir), opéra-comique (livret en allemand d'Offenbach)
- 1873
- Les Braconniers, opéra-bouffe (livret d'Henri Chivot et Alfred Duru)
- Fleurette, opéra-comique (livret de Pittaud de Forges et Laurencin)
- Pomme d'Api, opérette (livret de Ludovic Halévy et William Busnach)
- La Jolie Parfumeuse, opéra-comique (livret de Hector Crémieux et Ernest Blum)
- 1874
- Bagatelle, opéra-comique (livret de Hector Crémieux et Ernest Blum)
- Madame l'Archiduc, opéra-bouffe (livret d'Albert Millaud)
- La Haine, drame de Victorien Sardou (musique de scène)
- 1875
- Whittington, opéra-bouffe (livret en anglais de Henry Brougham Farnie)
- La boulangère a des écus, opéra-bouffe (livret de Meilhac et Halévy) - Suivi d'une 2e version en 1876
- Le Voyage dans la Lune, opéra-féerie (livret d'Eugène Leterrier, Albert Vanloo et Alfred Mortier)
- La Créole, opéra-bouffe (livret d'Albert Millaud)
- Tarte à la Crème, comédie d'Albert Millaud (« valse en un acte »)
- 1876
- Pierrette et Jacquot, opérette (livret de Jules Noriac et Philippe Gille)
- La Boîte au lait, opéra-bouffe (livret de Jules Noriac et Eugène Grangé)
- 1877
- Le Docteur Ox, opéra-bouffe (livret d'Alfred Mortier et Philippe Gille)
- La Foire Saint-Laurent, opéra-bouffe (livret de Hector Crémieux et Albert de Saint-Albin)
- 1878
- Maître Péronilla, opéra_bouffe (livret d'Offenbach)
- Madame Favart, opéra-comique (livret d'Henri Chivot et Alfred Duru)
- 1879
- La Marocaine, opéra-bouffe (livret de Paul Ferrier)
- La Fille du tambour-major, opéra-comique (livret d'Henri Chivot et Alfred Duru)
- 1880
- Belle Lurette, opéra-comique (livret d'Ernest Blum, Édouard Blau et Raoul Toché) - opus posthume
- 1881
- Les Contes d'Hoffmann, opéra fantastique (livret de Jules Barbier) - opus posthume, orchestration achevée par Ernest Guiraud
- Mademoiselle Moucheron, opérette-bouffe (livret d'Eugène Leterrier et Albert Vanloo) - opus posthume
Analyse de l'œuvre
Les ouvrages scéniques d'Offenbach reflètent la joie de vivre et l'insouciance du Second Empire. Sous le couvert de l'humour, ils n'en véhiculent pas moins une certaine critique politique (La Périchole, Le Roi Carotte, Barkouf) et des propos souvent immoralistes (apologie du ménage à trois dans La Belle Hélène (1864), du cocuage réciproque dans Orphée aux Enfers) :
Pâris :
Quand on est deux, l'hymen est une chaîne
Dont il est malaisé de supporter le poids ;
Mais on la sent peser à peine,
Quand on est trois.
Hélène :
Ah ! Délicieux ! Délicieux ! »
Offenbach, grâce aux livrets de Meilhac et Halévy, utilise de manière dérisoire la mythologie grecque, faisant des dieux et des héros des êtres superficiels, idiots ou débauchés, reflets à peine voilés de la haute société et de ses mœurs légères :
Hélène :
Et quand je traverserai la foule, du haut de mon char, j'entendrai, comme tout à l'heure, une voix qui sortira des rangs du peuple et qui dira : " ce n'est pas une reine, c'est une cocotte..."
Et la très suggestive danse d'Agamemnon (Acte III, scène 5) :
Allons, çà, dépêchez... ça presse...
Regardez l'état de la Grèce.
C'est une immense bacchanale,
Et Vénus, Vénus Astarté
Anime la ronde infernale...
Tout est plaisir et volupté !
Vertu, devoir, honneur, morale,
Par le flot tout est emporté !...
Le détournement de l'Antiquité lui permet ainsi de faire de violentes critiques de l'hypocrisie, du décorum (« Tout pour le décorum ! », mot d'ordre de Jupiter) et de la bêtise de l'époque :
Rois et peuple de la Grèce, il ne s'agit pas aujourd'hui, comme dans nos luttes habituelles, de lancer le disque d'une main sûre, ou de diriger un char dans la carrière. Cette journée est spécialement consacrée aux choses de l'intelligence... Des hommes forts, nous en avons : le bouillant Achille est fort, les deux Ajax sont forts. Et moi-même... Ce que nous n'avons pas, ce sont des gens d'esprit.
La Belle Hélène
C'est sans doute parce que les opéras-bouffes d'Offenbach font rire des travers humains, qui ne sont pas seulement propres à cette époque, que certaines de ses œuvres ont conservé cette même force comique de nos jours.
Mais son œuvre contient également des morceaux lyriques d'une rare perfection, d'autant plus étonnants qu'ils se placent souvent au milieu de bouffonneries. Ces passages évoquent souvent avec une grande tendresse ou avec malice l'amour éprouvé par ses héroïnes, souvent de charmantes « cocottes », jouets de la fatalité, comme la blonde Hélène :
Hélène :
Là, vrai, je ne suis pas coupable...
Et, ma foi, je n'y comprends rien,
Rien, car il était adorable,
Roi des rois, ce prince troyen !
De Vénus il était l'élève,
Et cependant j'ai résisté...
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