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Tarantaise et Vannoise
Publié le
par Franck
Les alpages ont été mis en valeur très tôt par les habitants.
Dès le Moyen-âge, de grands défrichements ont été effectués afin de pouvoir exploiter la pelouse alpine.
Selon les vallées, l’exploitation des alpages a pris des formes différentes.
L’exploitation en fruit commun
L’organisation en « fruit commun » est la plus répandue en Tarentaise, le mot « fruit » faisant référence à la fruitière, lieu où était fabriqué le fromage et le mot « commun » désignant tout simplement le fait que l’alpage était exploité en commun. La plupart du temps, ces alpages étaient propriétés de la commune.
De la mi-juin à la mi-septembre, tous les troupeaux d’une même commune sont regroupés en alpage pour une durée de 100 jours. L’intérêt est double : libérer la main d’œuvre pour la fenaison et économiser le fourrage nécessaire à la constitution de réserves pour l’hiver.
La gestion de l’alpage est assurée par deux procureurs désignés par l’ensemble des propriétaires de vaches. Ils embauchent un personnel nombreux dont les tâches sont rigoureusement définies.
Le personnage-clé est le fruitier, celui qui fabrique le fromage, plus exactement la grovire (gruyère). Tout repose sur ses épaules dans la mesure où le revenu des paysans est assuré par la vente des meules de gruyère à l’automne. Mal fabriquées, ces meules peuvent gonfler, fermenter et devenir invendables. La responsabilité qu’il porte lui confère l’autorité sur tout le personnel.
Le fruitier est assisté d’un séracier au moment de soulever la toile remplie de lait caillé pour constituer des meules de 40 à 50 kg. Le séracier doit aussi fabriquer le sérac, fromage fait à partir du petit lait après fabrication du Beaufort.
Troupeau en alpage
Le gouverneur doit assurer les soins journaliers des meules de gruyère, pour les affiner : saler, frotter et tourner. La gestion des bêtes est confiée aux bergers, au nombre de deux ou trois. Leur mission est de faire paître le troupeau avec l'aide des chiens, (pas de parcs électriques à l'époque). Ils dorment dans des "caboches", (petite cabane en bois facilement déplaçable), au milieu du troupeau. Tout le personnel assure la traite, deux fois par jour, (pas encore de machine à traire). Le pachonnier, quant à lui, a la charge de déplacer les pachons, piquets où l'on attache les vaches pour les traire. Ce système permet de répartir le fumier sur une, plus grande surface. Le koula transporte le lait du lieu de traite au chaudron, de fabrication qui se trouve dans l'arbé (chalet d'alpage). Enfin le bocatin est celui qui s'occupe des chèvres. Lavie des alpages est réglementée par une organisation ancestrale, codifiée : travail, conduite du troupeau, calendrier des remues... La fabrication du Beaufort, ce prince des Gruyères, est le symbole de la réussite agro - pastorale des communautés, villageoises. Le bénéfice de la vente, après paiement du personne, est partagé entre tous les propriétaires. Chaque été, aux alentours du 25 juillet se déroule la pesée. C'est un moment important de la vie de l'alpage qui réunit, beaucoup de monde. Les vaches sont régroupées par propriétaire et attachées à un piquet. Le lait de chaque bête est pesé. La quantité produite ce jour - là, Etablit la base pour rémunèrer les propriétaires, en fonction du prix, que l'on tirera de la vente des fromages. Un garde - champêtre surveille le bon déroulement des opérations. Cette tradition perdure encore aujourd'hui.
Légende : La traite hier - Perret Labergerie
La traite aujourd’hui
L’exploitation familiale
Il arrivait parfois que des familles possédaient leur propre « montagne » (le mot est à prendre au sens « d’alpage »).
Dans ce cas, la gestion du troupeau était confiée à la femme (traite, surveillance…) tandis que les hommes restaient dans les villages pour constituer les réserves de foin. Durant tout l’été, les familles vivaient séparées afin d’exploiter au mieux le patrimoine hérité des