George Sand

Elle a écrit des romans, des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre, une autobiographie, des critiques littéraires, des textes politiques.
Elle a fait scandale par sa vie amoureuse agitée, par sa tenue vestimentaire masculine dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin qu'elle adopte dès 1829, et dont elle lance aussi la mode : après elle, Marie d'Agoult signe ses écrits Daniel Sterne (1841-1845), Delphine de Girardin prend le pseudonyme de Charles de Launay 1843.
Ses détracteurs les plus acharnés : Charles Baudelaire, Jules Barbey d'Aurevilly, Henri Guillemin n'ont retenu d'elle que cela, alors que George Sand était au centre de la vie intellectuelle de son époque, accueillant à Nohant-Vic : Liszt, Marie d'Agoult, Balzac , Chopin, Flaubert , Delacroix, et Victor Hugo, conseillant les uns, encourageant les autres.
Outre son immense production littéraire que Charles de Spoelberch de Lovenjoul souhaitait publier en édition complète, elle s'est illustrée par un engagement politique actif à partir de 1848, inspirant Alexandre Ledru-Rollin, participant au lancement de trois journaux : «La Cause du peuple » « Le Bulletin de la République », « l'Éclaireur », plaidant auprès de Napoléon III la cause de condamnés, notamment celle de Victor Hugo dont elle admirait l'œuvre et dont elle a tenté d'obtenir la grâce.
Naissance d'un écrivain
Amantine Aurore Lucile Dupin, future George Sand, naquit à Paris en 1804. Elle était la fille de Maurice Dupin de Francueil et de Sophie Victoire Delaborde, et la petite-fille de Charles Louis Dupin de Francueil. Descendante d'un oiseleur du châtelet par sa mère, elle était, par son père, l'arrière-petite-fille du maréchal général de France Maurice de Saxe (1696-1750), bâtard légitimé d'Auguste II de Pologne, prince électeur de Saxe et roi de Pologne. Cette double ascendance, populaire et aristocratique, la marqua profondément et explique pour beaucoup son engagement socialiste.
Orpheline de père à 4 ans, Aurore Dupin grandit chez sa grand-mère paternelle, à Nohant dans l'Indre. Toute sa vie, elle restera attachée à Nohant et à la campagne. Elle reprendra le thème de la vie pastorale dans ses romans champêtres(La Mare au Diable, François le Champi, La petite fadette).
En 1822, elle épousa le baron Casimir Dudevant avec lequel elle eut deux enfants : Maurice (né en 1823) et Solange (née en 1828), avec qui elle eut une relation très conflictuelle et qui épousa le sculpteur Auguste Clésinger.
En 1831, George Sand quitta son mari, avec qui elle ne s'était jamais entendu, pour suivre à Paris son jeune amant de huit ans son cadet, Jules Sandeau. Ensemble, ils commencèrent une carrière de journalistes dans le Figaro en signant d'un même pseudonyme, J. Sand.
Ce n'est que pour la publication de son premier roman écrit seule, Indiana, qu'elle prit le pseudonyme de G. Sand, et, à partir du roman suivant, le nom complet de George (sans "s") Sand, qu'elle ne quitta plus et qui devint le seul nom par lequel elle fut connue.
Essayons ici de ne pas nous laisser aveugler par la légende et de distinguer ce qu'il y avait de véritablement exceptionnel et d'anecdotique dans le personnage George Sand : - Il était courant qu'une femme écrivain, au XIXème siècle, prenne un pseudonyme masculin pour écrire.De même, contrairement à l'exploit qu'on en fait, George Sand n'était pas la seule femme de son époque à s'habiller en homme afin de forcer les limites imposées aux femmes et d'accéder à des lieux interdits - fosses de théâtre, bibliothèques restreintes, procès publiques. D'ailleurs, George Sand, dans son autobiographie Histoire de ma vie, explique que ce fut d'abord pour des raisons monétaires qu'elle se mit à s'habiller en homme : se trouvant fort démunie à son arrivée à Paris (son mari avait gardé l'autorité sur sa fortune et sa propriété de Nohant), et les frais d'habillement étant moindres pour les hommes, et très élevés pour les femmes, il lui fut plus économique de s'habiller en homme. (Autre précision : elle n'en faisait pas une habitude quotidienne, loin de là, et elle n'en restait pas moins femme, très belle qui plus est, et qui savait plaire en tant que telle, contrairement à la "travestie" qu'on semble vouloir en faire de nos jours.) Ainsi, il était courant qu'une femme écrivain prenne un pseudonyme masculin ; mais George Sand fut la seule femme écrivain de son siècle dont les critiques parlaient au masculin et qui était classée non pas parmi les "femmes auteurs", mais parmi les "auteurs", au même rang que Balzac ou qu'Hugo. Il n'était pas exceptionnel qu'une femme se déguise en homme pour forcer les portes ; mais la liberté d'esprit et de moeurs, la farouche indépendance, le refus total de l'idéal féminin imposé par les hommes de l'époque, le rejet du mariage, la force inaltérable de volonté, toutes ces caractéristiques de Sand, tenaient, elles, de l'exceptionnel en effet.
Si aujourd'hui on la voit comme "la bonne dame de Nohant", douce et sans danger, il faut savoir qu'à ses débuts elle fit scandale, et elle fit peur. Le scandale se logeait bien moins dans ses attitudes que dans ses écrits : ses trois premiers romans, Indiana, Valentine et "l'abominable Lélia", comme l'appelait le critique Jules Janin dans son feuilleton du Journa des Débats, furent trois brûlots contre le mariage, dans lequel le mari était trompé, l'amant était lâche et la femme était magnifiée dans sa révolte contre les conventions sociales et le pouvoir masculin. Engagés pour la "réhabilitation de la femme", ainsi que George Sand le formulait, ses romans s'ouvrirent ensuite à la révolte sociale en faveur des ouvriers et des pauvres (Le Compagnon du Tour de France), à la révolte politique contre la royauté et pour la République.
Après avoir co-écrit, avec Jules Sandeau, un premier roman, Rose et Blanche, c'est en 1832 qu'elle fit paraître Indiana, sa première oeuvre personnelle, bientôt suivie de Valentine et de Lélia (1833). C'est le succès en librairie de Lélia (qui fut, à l'époque, un best-seller) qui valut à Sand d'entrer définitivement dans le cercle des grands écrivains contemporains, et qui lui permit de vivre de sa plume.
Ses dernières années
Œuvres
- Le Commissionnaire (avec Jules Sandeau) (1830).
- Rose et Blanche (avec Jules Sandeau, roman, 1831)
- La Fille d'Albano (1831)
- Valentine (roman, 1831)
- Indiana (roman, 1832)
- Lélia (roman, 1833)
- Aldo le Rimeur (1833)
- Une conspiration en 1537 (1833)
- Journal intime (1834)
- Jacques (roman, 1834)
- Le Secrétaire intime (roman, 1834)
- La Marquise (roman, 1834)
- Garnier (conte, Urbain Canel / Adolphe Guyot 1834)
- Lavinia (1834)
- Métella (1834)
- André (roman, 1835)
- Mattéa (1835)
- Leone Leoni (roman, 1835)
- Simon (roman, 1836)
- Mauprat (1837)
- Dodecation, ou le Livre des douze. Le Dieu inconnu (1837)
- Les Maîtres mozaïstes (roman, 1838)
- La Dernière Aldini (roman, 1838)
- L'Orco (1838)
- L'Uscoque (roman, 1838)
- Gabriel (dialogue, 1839)
- Spiridion (roman, 1839)
- Les Sept Cordes de la lyre (théâtre, 1840)
- Cosima, ou la Haine dans l'amour (théâtre, 1840)
- Pauline. Les Mississipiens (roman, 1840)
- Le Compagnon du tour de France (roman, 1841)
- Mouny Roubin (1842)
- Georges de Guérin (1842)
- Horace (1842)
- Un hiver à Majorque (récit, 1842)
- La Comtesse de Rudolstadt (roman, 1843)
- La Sœur cadette (1843)
- Kouroglou (1843)
- Carl (1843)
- Jean Zizka (roman historique sur la vie de Jan Žižka, chef de guerre hussite, 1843)
- Consuelo (roman, 1843)
- Jeanne (roman, 1844)
- Le Meunier d'Angibault (roman, 1845)
- La Mare au diable (roman, 1846)
- Isidora (roman, 1846)
- Teverino (roman, 1846)
- Les Noces de campagne (roman, 1846)
- Evenor et Leucippe. Les Amours de l'Âge d'or (1846)
- Le Péché de M. Antoine (1847)
- Lucrézia Floriani (roman, 1847)
- Le Piccinino (roman, 1847)
- La Petite Fadette (roman, 1849)
- François le Champi (roman, 1850)
- Le Château des Désertes (roman, 1851)
- Histoire du véritable Gribouille (1851)
- Le Mariage de Victorine (théâtre, 1851)
- La Fauvette du docteur (1853)
- Mont Revèche (1853)
- La Filleule (1853)
- Les Maîtres sonneurs (1853)
- Adriani (1854)
- Flaminio (théâtre, 1854)
- Histoire de ma vie (autobiographie, 1855)
- Autour de la table (1856)
- La Daniella (1857)
- Le Diable aux champs (1857)
- Promenades autour d'un village (1857)
- Ces beaux messieurs de Bois-Doré (1858)
- Elle et lui (récit autobiographique sur ses relations avec Musset, 1859)
- Jean de la Roche (1859)
- L'Homme de neige (1859)
- Narcisse (1859)
- Les Dames vertes (1859)
- Constance Verrier (1860)
- La Ville noire (1861)
- Valvèdre (1861)
- La Famille de Germandre (1861)
- Le Marquis de Villemer (1861)
- Tamaris (1862)
- Mademoiselle La Quintinie (1863)
- Les Dames vertes (1863)
- Antonia (1863)
- La Confession d'une jeune fille (1865)
- Laura (1865)
- Monsieur Sylvestre (1866)
- Le Don Juan de village (théâtre, 1866)
- Flavie (1866)
- Le Dernier Amour (1867)
- Cadio (théâtre, 1868)
- Mademoiselle Merquem (1868)
- Pierre qui roule (1870)
- Le Beau Laurence (1870)
- Malgré tout (1870)
- Césarine Dietrich (1871)
- Journal d'un voyageur pendant la guerre (1871)
- Francia. Un bienfait n'est jamais perdu (1872)
- Nanon (1872)
- Contes d'une grand'mère vol. 1 (1873)
- Ma sœur Jeanne (1874)
- Flamarande (1875)
- Les Deux Frères (1875)
- La Tour de Percemont (1876)
- Contes d'une grand'mère vol. 2 (1876)
- Marianne (1876)
- Légendes rustiques (La Reine Mab. La Fée qui court. Fanchette) (1877)
- L'Orgue du Titan (1873)
- Les Ailes du courages