Vivaldi : les quatres saisons

Publié le par Frank


Le quattro stagioni (en français Les quatre saisons) est le nom donné aux quatre
concertos pour violon, composés par Antonio Vivaldi, Opus 8, no 1-4, qui ouvrent le recueil Il cimento dell'armonia e dell'invenzione — La bataille entre l'harmonie et l'invention. L'opus 8 de Vivaldi a été édité en 1725 à Amsterdam par Michel Le Cène, mais il est admis que la composition de ces quatre concertos est antérieure de plusieurs années. L'œuvre connut un grand succès dans toute l'Europe notamment à Londres et à Paris où les concertos furent interprétés au début de l’année 1728 au Concert Spirituel.

L'œuvre
Cette œuvre est l'une des plus connues du genre "concerto" (ici, violon soliste concertant avec un orchestre de chambre à cordes), et surtout, de la totalité des compositions de Vivaldi. L'introduction du Printemps (Primavera) et le troisième mouvement, presto, de l’Été (Estate) sont les passages les plus célèbres.

L'œuvre est accompagnée de quatre sonnets attribués à Vivaldi décrivant le déroulement des saisons. Sur la partition, le compositeur précise les correspondances avec les poèmes, explicitant même certains détails (aboiements de chien, noms d'oiseaux : coucou, tourterelle, pinson...)

À ce jour, il en existe plus de 600 versions différentes, faisant état de divers arrangements (notamment en jazz) et transcriptions (piano, orgue, harpe, guitare, flûte, accordéon, synthétiseur pour les plus courantes). Certains violonistes ou formations ont interprété et enregistré plusieurs fois cette œuvre depuis les années 1970.

La première interprétation publique après le XVIIIe siècle daterait de 1921 et le premier enregistrement de 1942 (Molinari). Mais il faudra attendre 1948 (Louis Kaufman dirigé par Henry Swoboda - grand prix du disque en 1950) pour que les Quatre Saisons soient réellement connues du public, avant de devenir une des œuvres les plus jouées dans le monde.

Remarques : Les Quatre Saisons sont aussi un ensemble de cantates du compositeur français Joseph Bodin de Boismortier. Un livre-disque intitulé Les Quatre Saisons présente l'œuvre de façon très originale.
Concerto n° 1 en mi majeur, op. 8, RV 269,  (Le Printemps) 

Voici le Printemps,
Que les oiseaux saluent d'un chant joyeux.
Et les fontaines, au souffle des zéphyrs,
Jaillissent en un doux murmure.

Ils viennent, couvrant l'air d'un manteau noir,
Le tonnerre et l'éclair messagers de l'orage.
Enfin, le calme revenu, les oisillons
Reprennent leur chant mélodieux.

Largo
Et sur le pré fleuri et tendre,
Au doux murmure du feuillage et des herbes,
Dort le chevrier, son chien fidèle à ses pieds.

Allegro
Au son festif de la musette
Dansent les nymphes et les bergers,
Sous le brillant firmament du printemps.

Concerto n° 2 en sol mineur, op. 8, RV 315,  (L'Été)

Allegro non molto - Allegro
Sous la dure saison écrasée de soleil,
Homme et troupeaux se languissent, et s'embrase le pin.
Le coucou se fait entendre, et bientôt d'une seule voix,
Chantent la tourterelle et le chardonneret.

Zéphyr souffle doucement, mais, tout à coup,
Borée s'agite et cherche querelle à son voisin.
Le pâtre s'afflige, car il craint
L'orage furieux, et son destin.

Adagio - Presto - Adagio
À ses membres las, le repos est refusé :
La crainte des éclairs et le fier tonnerre,
Et l'essaim furieux des mouches et des taons.

Presto
Ah, ses craintes n'étaient que trop vraies,
Le ciel tonne et fulmine et la grêle
Coupe les têtes des épis et des tiges.

Concerto n° 3 en fa majeur, op. 8, RV 293,  (L'Automne) 

Allegro
Par des chants et par des danses,
Le paysan célèbre l'heureuse récolte
et la liqueur de Bacchus
Conclut la joie par le sommeil.

Adagio molto
Chacun délaisse chants et danses :
L'air est léger à plaisir,
Et la saison invite
Au plaisir d'un doux sommeil.

Allegro
Le chasseur part pour la chasse à l'aube,
Avec les cors, les fusils et les chiens.
La bête fuit, et ils la suivent à la trace.

Déjà emplie de frayeur, fatiguée par le fracas des armes
Et des chiens, elle tente de fuir,
Exténuée, mais meurt sous les coups.

Concerto n° 4 en fa mineur, op. 8, RV 297, (L'Hiver) 

Allegro non molto
Trembler violemment dans la neige étincelante,
au souffle rude d'un vent terrible,
Courir, taper des pieds à tout moment
Et, dans l'excessive froidure, claquer des dents;

Largo
Passer auprès du feu des jours calmes et contents,
Alors que la pluie, dehors, verse à torrents;

Allegro
Marcher sur la glace, à pas lents,
De peur de tomber, contourner,

Marcher bravement, tomber à terre,
Se relever sur la glace et courir vite
Avant que la glace se rompe et se disloque.

Sentir passer, à travers la porte ferrée,
Sirocco et Borée, et tous les Vents en guerre.
Ainsi est l'hiver, mais, tel qu'il est, il apporte ses joies.

 

   
           
 

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Publié dans Musiciens

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