L'énergie marémotrice

Publié le par Franck

L'usine marémotrice de la Rance,
- Elle n'a pas été construite à cet endroit,
par hasard : il a fallu beaucoup de temps,
 pour remédier aux problèmes de construction,
et être sûr que l'emplacement choisi,
pour le construire était approprié.

1°)Les problèmes posés par un tel ouvrage :

a) L'emplacement bien choisi,
- Pour construire une usine marémotrice,
il faut certes choisir un endroit,
où l'amplitude des marées est très grande,
mais le lieu doit permettre l'installation d'un barrage,
pour utiliser l'énergie des marées.
- Ainsi dans l'estuaire de la Rance,
le marnage peut atteindre 13,50m,
lors des marées d'équinoxes,
(ce sont des marées de vive - eau).
Cet atout provient de l'obstacle,
que représente la presqu'ile du Cotentin,
à l'onde marée qui remonte la Manche,
et provient de l'Atlantique.


 
 De plus , la présence d'un bassin,
(délimité par ce barrage : usine marémotrice),
est indispensable pour le bon fonctionnement,
de l'usine (nous verrons pourquoi par la suite,
en expliquant le fonctionnement de l'usine).
Ainsi le site de la Rance est tout à fait approprié,
car la largeur de l'estuaire (750m environ,
voir figure)


 
permet d'en faire un très grand bassin,
(surface 22 km carré, hauteur de 0 à 13,50m),
dont le volume utile est de 184 millions de,
mètres cubes.
La stabilité de l'usine est également essentielle :
la composition des sols doit permettre,
à l'usine de rester en équilibre.
Des sondages ont montré que le lit,
était constitué d'une roche granitique,
recouverte par endroits de sable et de galets.
Le granit étant une roche dure et non friable,
l'emplacement de blocs de béton,
ne pose donc pas de problème,
pour la construction.

b) La corrosion marine :

- Le choix des matériaux de l'usine,
a aussi demandé des études de préparation.
Ils doivent résister à la corrosion marine.
Assurément l'expérience des matériaux,
travaillant en immersion dans l'eau de mer.
Etait déjà importante mais ces matériaux,
s'accommodent en général d'une immobilisation,
pour entretien plus élevée,
de ce qui est admissible,
pour une usine hydroélectrique.

- Des essais d'immersion prolondée,
et de cycles d'immersion - émersion,
furent effectuées dans la Rance,
et en mer à Saint - Malo.
Pour déterminer le comportement,
 à l'eau de mer des revêtements,
anti - corrosifs des métaux et des diverses,
nuances d'acier et d'alliages cuivreux.
La protection cathodique (diminue  la corrosion,
en rendant les armatures d'acier plus inertes;
des ouvrages de la Rance fut étudiée,
spécialement car elle posait des problèmes,
particuliers, en raison de la présence,
d'aciers inoxydables.
Mais avant la construction de l'usine,
des essais sur des matériaux,
et des revêtements différents,
avaient démontré l'efficacité,
de la protection cathodique.

c) Des problèmes d'encombrement :

- On a dû faire face à des problèmes,
d'encombrement liés à la construction des bulbes,
(voir en troisième partie)
ou groupes turboalternateurs.
En effet, avant la construction de l'usine,
ces groupes bulbes avaient un axe vertical,
ce qui aurait obligé  de construire, une usine,
de taille plus haute que prévue,
et on aurait eu beaucoup de mal,
à les insérer dans l'estuaire.
Des études très poussées ont permis,
la création de groupes bulbes à axes horizontaux,
et non verticaux comme à l'habitude,
le souci majeur des ingénieurs était de,
concevoir des turbines assez discrètes,
pour pouvoir les insérer dans l'estuaire.
A l'époque on connaissait les turbines Kaplan,
(turbine à hélice dont les pales,
sont à inclinaison variable)
à axes verticaux mais ne pouvaient,
être appliquées au site de la Rance.

- Le choix des groupes bulbes,
à axes horizontaux développés par NEYRYC,
entiérement original apportra de nombreux,
avantages, on pouvait insérer dans l'usine,
tous les équipements électromécaniques,
doter l'usine d'une énergie suffisante,
et surtout permettre la construction du pont,
qui est un avantage considérable,
pour le concours des citoyens,
des communes avoisinantes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2°) La construction

 

- Tout d'abord, il est indispensable d'interrompre,

la navigation entre la baie de Saint Malo,

et l'estuaire de la Rance,

les travaux ont duré six ans,

occupant 500 à 600 ouvriers.

a) Préparation de la construction :

les diverses solutions envisagées,

  3. Description et caractéristiques de l'usine :

            a/ Présentation de l'usine

 
















La construction de l'usine de la Rance,

posait à priori des problèmes délicats,

en raison des dénivellations,

qui se produisaient de part et d'autre,

des ouvrages en construction et des courants,

de plus en plus intenses qui en résulteraient.

Dés sa création en 1951, la région d'équipement,

marémotrice, s'était attaquée à ces problèmes.

La réalisation de l'usine par caissons amenés,

par flottaison, qui avait été, n'a jamais été,

retenue par la région d'équipement.

La solution arrêtée en 1955, prévoyait,

que les ouvrages seraient éxécutés à sec,

à l'intérieure d'enceintes sucessives,

délimitées par des batardeaux,

(digue barrage provisoire, établi pour assécher,

la partie où l'on veut éxécuter les travaux).


- Le batardeau général côté mer,

assurant la coupure devait être réalisé d'abord,

par des colonnes creuse en béton,

posées au fond occupant sensiblement,

la moitié de la coupure et immédiatement,

remplies de sable, ces colonnes devaient,

ensuite être reliées entre elles par des cellules,

en palplanches (profilé métallique planté avec,

d'autres, dans un sol pour former,

une paroi étanche) plates remplies de sable,

de manière à ce que la tenue au renversement,

des ensembles ainsi constitués soit en rapport,

avec les efforts appliqués.

Le batardeau côté fleuve devait être ensuite,

réalisé, étant soumis à des efforts de renversement,

moindres, pouvait être établi par des procédés,

classiques en palplanches.

 














b) La mise à sec,

- La construction de l'usine marémotrice a été,
réalisée à sec. Il adonc fallu avant tout stopper,
l'échange entre la Rance et la baie.
Les travaux ont été difficiles à réaliser,
car la Rance a un débit élevé 18 000 mètres cubes
par seconde.
Le système utilisé a été le suivant :
on a construit deux batardeaux (voir figure),
l'un en aval d'abord (côté mer),
et l'autre en amont (côté fleuve),
pour former entre eux un lac intérieur,
de quelques dizaines d'hectares.

- Les ouvrages ont été construits,
dans l'ordre chronologique suivant :

- Une enceinte rive gauche :
pour la construction de l'écluse, constituée,
de murs en béton, éxécutés à la marée,
et incorporés dans l'ouvrage définitif.
Autoriserait ultérieurement le passage,
 des bateaux entre la mer et le bassin de retenue,
(mise en service le 19 nvembre 1962).

- Une enceinte rive droite :
pour la construction du barrage mobile,
cette enceinte était constituée par des,
gabions de palplanches à âme plate,
remplis de sable de 16 à 19 m de diamètre.
Le barrage mobile est un mur percé,
de six pertuis qui permettent le passage,
du flot vers l'amont (achevé le 24 mars 1963).

- Une grande enceinte :
- Pour l'édification de l'usine et la digue morte.
Cette enceinte comprenait le batardeau,
de coupure au nord côté mer,  et un batardeau,
sud, côté estuaire, en gabions de palplanches.
Pour fermer la partie centrale du batardeau,
de coupure on utilise une technique inédite.
En effet il n'était pas possible de construire,
directement des gabions en palplanches,
dans les courants dont la violence augmentait,
avec le rétrécissement du passage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Des caissons cylindriques ont été échoués,

tous les 21 m sur des embases (partie d'une pièce,

servant d'appui, de support d'une autre pièce),

préparées à l'avance. Pour accroître leur stabilité,

ces caissons furent remplis de sable, les espaces,

entre caissons étant fermés par des planches,
en béton
armé à raison d'un intervalle sur deux,
ce qui permit de construire  des gabions ancrés,
sur les caissons, les passes restantes furent ,
fermées de la même manière. Ensuite le,
batardeau sud a été achevé en eau morte.
Enfin il a suffit de vider le lac intérieur,
pour travailler au fond à pied sec.

















-C) La contruction de l'enceinte principale

- Une fois l'emplacement de l'usure mis à sec,
on a construit la partie principale de l'usine,
sur le sol granitique. Cette partie est en fait,
une digue creuse en grande partie, longue de,
près de 400 m, large de 33 m et haute de 38 m.
Elle contient tout l'équipement de l'usine,
(voir 3 éme partie),

- La mise en eau de l'usine marémotrice,
a lieu le 14 mars 1966,
l'usine a produit son premier kilowatt,
le 19 août 1966 à 13 h 31,
le 4 décembre 1967,
les 24 groupes bulbes de l'usine,
sont mis en service,
(font parti de l'équipement électromagnétique);
expliqué en 3 ème partie.

  - Première usine marémotrice,
de taille industrielle,
coût 617 millions de francs,
soit 3,5 millards de francs en 1996.

 
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