Les Vikings

Publié le par Franck

- Première partie,

Viking

Représentation de Vikings datant du IXe ou du Xe siècle.

Un Viking (vieux norrois víkingr, pluriel víkingar) est un explorateur, commerçant et/ou pillard scandinave au cours d’une période s’étendant du VIIIe au XIe siècle.

Avec l'émersion des royaumes scandinaves, des peuples nordiques, nommé sous le nom de Vikings au début du Moyen Âge, sont représentés comme des pillards pour une part de leur violence, mais les Vikings furent de grands marins, marchands et guerriers : des Féroé, de l'Islande, du Groenland, de l'exploration du Vinland, en passant aux rives de la Baltique en Russie dont ils mettront au monde un État russe, jusqu'en Orient... Le phénomène viking fut par beaucoup de ses activités et influences, protéiformes. La fin de l'âge viking s'épuisera par l'affirmation de pouvoirs monarchiques centralisateurs, et la conversion des pays scandinaves au christianisme.


Définition 

Articles connexes : Varègue, Normands et Rus.
« On appelle Viking (Víkingr, en vieux norrois) doué et remarquablement équipé pour cette activité, que la conjoncture a amené à se transformer en pillard ou en guerrier, là où c’était possible, lorsque c’était "praticable", mais qui demeurera toujours quelqu’un d’appliqué à afla sér fjár (« acquérir des richesses »). »

— Régis Boyer, Les Vikings.

Au sens large, le terme « viking » désigne parfois l’ensemble des Scandinaves de la période caractérisée par le phénomène viking. Les peuples en contact avec les Vikings leur ont donné différents noms : Normands pour les Francs, Danois pour les Anglais, Rus pour les Slaves, les Arabes et les Byzantins. Ils étaient parfois aussi qualifiés de « païens » ou d’« étrangers ». Varègue est le nom donné aux Vikings exerçant sur la route de l’Est.

Ils envahirent et finalement s’établirent sur des terres éloignées de leurs pays (voir chapitre Causes hypothétiques du phénomène ci-dessous). Leurs expéditions audacieuses, les strandhögg, par voie terrestre ou maritime, ont eu un impact sur l’histoire de l’Europe et de la proche Asie. Profitant de leur inactivité liée aux longs hivers scandinaves et de la faiblesse du système de défense côtier, ils établirent de nombreux « comptoirs », nommés « vicus » par les peuples latins, notamment sur les côtes de la Manche et de la mer du Nord ou en Russie, du VIIIe au XIe siècle. Bien qu’ils se soient également installés aussi bien en Irlande, où ils ont fondé la plupart des villes (sauf Dublin), qu’en Grande-Bretagne (cf. Royaume viking d'York), c’est en Normandie et en Russie que leur entreprise a le mieux réussi, puisqu'ils sont à l'origine de puissants États. Navigateurs hors pair, les Vikings furent d’abord des commerçants au long cours.

Mais, plus qu’à l’hypothèse mauresque, la faiblesse militaire de l’empire carolingien à la mort de Charlemagne et des territoires situés au nord et à l’est de celui-ci, c'est à... qu’on doit l’attirance particulière que les côtes du nord de l’Europe exercèrent sur ces marins.

Avec son faible tirant d’eau (parfois augmenté par un lest de pierres) et sa proue relevée, leurs bateaux naviguaient aussi bien à la voile qu’à la rame. Le terme utilisé en français est drakkar, dérivé du mot drekar et signifiant « dragons », qui désigne originellement les figures de proues ; datant de 1839 et créé par Auguste Jal (1795-1873), alors officier français attaché au ministère de la Marine sous la monarchie de Juillet. Il s’agit d’un barbarisme sans doute pour marquer les esprits. Embarqués à son bord, les Vikings menaient des raids d’une redoutable efficacité, jusqu’à l’intérieur des terres en remontant les fleuves ou en volant des chevaux.

Étymologie du mot « viking » 

Village viking en Norvège.

Le mot « viking » désigne le guerrier, explorateur (littéralement "pillard" en norrois) d’origine scandinave. Le terme est d’utilisation assez récente (XVIIIe siècle et XIXe siècle) hors du monde scandinave. Son étymologie est très discutée. Il vient probablement soit :

  • des termes vik, la « baie », l’« anse » (que l’on retrouve dans Reykjavík), et ing « en provenance de »,
  • du terme vicus / wik qui désignait, durant le haut Moyen Âge, les agglomérations marchandes,
  • de la manière de vivre des gens du Viken, dans la baie d’Oslo,
  • du substantif scandinave vig signifiant « combat ».

Les utilisations connues les plus anciennes proviennent de textes anglo-saxons du VIIe siècle, avec la mention de divers termes (uuicingsceadan, uuicingsceadae, saewicingas) qui se rapportent tous aux activités maritimes, et notamment à la piraterie. Les textes scandinaves contemporains à la période viking font eux la distinction entre un terme féminin, víking, qui désigne l’activité (fara í víkingu, « ceux qui partent en expédition ») et un terme masculin, víkingr ou vikingar, qui renvoie aux Vikings en tant qu’individus. Hors du monde scandinave, les chroniques franques ou anglo-saxonnes utilisent plus fréquemment les termes « Normands », « Danois » ou « païens » pour désigner les Vikings, tandis que les Irlandais parlent plus simplement d’« étrangers » (gaills). Certains nommaient les Vikings Norvégiens les « Vikings blancs » et les Danois les « Vikings noirs ». En Orient, ils sont appelés « Rus » ou « Varègues ». Chez les Arabes les Madjus, bab el Madju désignant « la porte des païens » (détroit de Gibraltar).

Selon Pierre Bauduin (2004), la connotation du terme serait plutôt positive dans les inscriptions runiques et négatives dans les poèmes scaldiques.

Causes hypothétiques du phénomène 

Le baptême forcé des Saxons par Charlemagne.

Les écrits norrois de cette époque se bornant à quelques épitaphes runiques, l’analyse des historiens se fonde essentiellement sur les témoignages des victimes, souvent largement postérieurs aux événements, influencés et déformés. L’archéologie apporte cependant des éclaircissements déterminants.

Un commerçant pillard 

Au VIIe siècle , les Arabes perturbent le commerce en Méditerranée. En Europe, cela entraîne le développement de nouvelles voies commerciales vers le nord. Les marchands occidentaux y trouvent des fourrures, du bois, de l'ambre et de l'ivoire et échangent avec les Scandinaves du vin, de l'argent et des armes. Les comptoirs de Birka en Suède, de Hedeby et de Ribe sur les côtes du Jutland se développent. En raison de ces contacts commerciaux, les commerçants scandinaves connaissent de mieux en mieux les côtes et villes de l’empire carolingien. Ils découvrent sa richesse mais en même temps s’aperçoivent de ses faiblesses. Vaste et morcelé, il est mal défendu et souvent en proie à des guerres internes. Commerçants, certains Scandinaves se transforment occasionnellement en pillards. Selon l'historien Stéphane Lebecq, c'est donc « le commerce qui a pavé la voie aux raids vikings ».

Pour le linguiste Régis Boyer, ce phénomène est renforcé par le mercenariat : les Carolingiens, seigneurs ou souverains, utilisaient les Vikings comme mercenaires lors de leurs guerres internes. Cette lecture est cependant discutable. En Grande-Bretagne, les historiens constatent que ce sont les Vikings qui manipulent les souverains indigènes, surnommés "Puppet-kings" ; il serait étonnant que ceux qui dominent le jeu politique en Grande-Bretagne se contentent d'être des pions en France. Les faits semblent d'ailleurs suggérer que les Francs ont eu quelques difficultés à "contrôler leurs mercenaires".

Les guerres intestines en Scandinavie 

Au IXe siècle, le Danemark et dans une moindre mesure la Norvège connaissaient une multitude de conflits internes liés à l'opposition entre les jarls et aux crises de succession. Le roi du Danemark peinait à s'imposer aux différents clans et à sa famille même. Les raids en Europe auraient permis de financer les guerres entre aristocrates et d’augmenter le prestige des candidats au pouvoir.

La faim de terres 

Un réchauffement climatique aurait entraîné la croissance des productions agricoles, et du coup, une hausse démographique. La population scandinave devint trop nombreuse. Les raids vikings auraient été un moyen de réponse à une faim de terre. Les historiens pensent que cet argument concerne au plus l'ouest de la Norvège. Au contraire pour l’historien François Neveux « On peut affirmer que l’argument de la surpopulation est aujourd’hui largement discrédité par les découvertes archéologiques ».L'archéologie rurale scandinave a révélé que les terres cultivées étaient moins étendues à l'époque viking qu'au début de notre ère. On pourrait en déduire que la surpopulation ne semble donc pas avoir affecté la Scandinavie au VIIIe ou IXe siècle, mais il s'agirait d'une conclusion rapide : pour réduire la pression démographique, les Scandinaves pourraient avoir préféré conquérir des meilleures terres dans le sud plutôt que défricher des terres ingrates, gelées 6 mois par an.

La réaction à la conquête franque de la Saxe 

Parmi les causes du phénomène viking, l’historien François Neveux évoque des opérations de représailles de la part des Vikings contre les agresseurs Francs qui les menaçaient. Il souligne que la conquête de la Saxe par Charlemagne coïncide avec les premiers raids vikings. L’historien Olaf Olsen : « Après les violences en Saxe contre le paganisme, Charlemagne menaçait le Danemark d’une christianisation par le fer et le feu »  « Les sources franques mentionnent des hostilités à la frontière danoise entre l’empire carolingien et les danois » 

À partir de 772, Charlemagne entreprit de soumettre les Saxons. Le roi franc employa la force et la terreur. La conquête se doubla d'une conversion forcée des habitants. En 782, à Verden, les Francs décapitèrent 4 500 personnes, déportèrent 12 000 femmes et enfants parce qu'ils refusaient le baptême. Les lieux de culte païens furent détruits, notamment Irminsul. Le chef des Saxons Widukind se réfugia chez ses voisins nordiques et se mit sous la protection de Sigfred « roi des Danois ». En 785 probablement, Charlemagne instaura en Saxe le capitulaire De partibus Saxoniæ : les païens doivent se convertir sous peine de condamnation à mort. Dans les années 792 à 795, des Saxons se soulevèrent à nouveau, refusant le capitulaire. « La destruction du célèbre sanctuaire païen d’Irminsul n’eut pour effet que de les inciter à se venger en brûlant les édifices religieux en Hesse». Widukind fuit une nouvelle fois au Danemark et se plaça sous la protection du roi viking Godfred, le successeur de Sigfred. Widukind devint le parent de Godfred en épousant la princesse viking Geva de Vestfold, fille d’Oystein (Eystein) Ier de Vestfold (Westfold, Norvège). Le prince danois attaqua les Abrodrites, un peuple allié de Charlemagne, releva le Danevirke puis vers 810, lança 200 navires sur la Frise]. Ces premiers contacts politiques entre les Carolingiens et les Scandinaves étaient donc hostiles.

L'historien Pierre Bauduin explique que « la crainte inspirée par la conquête du pays [la Saxe nldr] et la brutale soumission de ses habitants eut sans doute sa part dans le mouvement d'expansion viking ». Hypothèse déjà formulée par Lucien Musset.

La résistance à la christianisation forcée ne fut pas anodine et expliquent en partie le phénomène Viking, bon nombre d’entre eux se rebellaient contre la puissante Eglise. Tous les premiers raids vikings visaient les édifices chrétiens et pas seulement pour leurs richesses, tous n’en détenaient pas: L’historien François Xavier Dillmann cite Montesquieu dans De l'esprit des lois , « Ils [Les Vikings nldr] attribuoient aux ecclésiastiques la destruction de leurs idoles, et toutes les violences de Charlemagne, qui les avoit obligés les uns après les autres à se réfugier dans le nord. C’étoient des haines que quarante ou cinquante années n’avoient pu leur faire oublier ». Les Francs auraient donc cherché à convertir par la force les Danois. Le professeur Rudolf Simek refuse la pertinence de cet argument religieux.

Les Vikings et la Christianisation 

« La mission par échanges culturels, puis par la parole, puis par l’épée »..

La conversion au christianisme des Vikings s’est effectuée, de façon pacifique mais aussi violemment, sur plus de quatre siècles. Il ne s’agit pas d’une guerre de religion, car les Vikings étaient ouverts à d’autres dieux et croyances et y trouvaient parfois un intérêt politique et commercial. « Tant que la foi chrétienne ne menaçait pas les anciennes coutumes, les païens considéraient le Christ avec indulgence ». Des Scandinaves n'ont pas hésité à intégrer Jésus dans leur panthéon aux côtés de leurs divinités traditionnelles comme Odin ou Thor.

Les Nordiques entrèrent en contact avec la religion chrétienne suite aux premières missions d'évangélisation dans la première moitié du VIIIe siècle, c'est-à-dire avant l'expansion viking. En 725, Willibrord, évêque d'Utrecht, échoua à convertir les Danois. L'imprégnation du christianisme devint beaucoup plus palpable suite aux raids vikings. Les pillards ramenaient dans leur pays un butin notamment composé d'objets du culte chrétiens. L'empereur Louis le Pieux ranima les tentatives d'évangélisation. Vers 822-825, la Scandinavie fut déclarée terre de mission. Ebbon, archevêque de Reims, puis Ansgar, moine de Corbie, prêchèrent au Danemark sans grand succès.

Le changement décisif se produisit lorsque de grands chefs se convertirent. Des princes comprirent tout l'intérêt d'embrasser une religion qui consolidait leur pouvoir. En Francie, le jarl Rollon accepta d'être baptisé en échange de recevoir un territoire qui allait devenir le duché de Normandie. C'était un excellent critère d'intégration dans le monde franc. En Scandinavie, des rois se servirent de la religion du Christ afin de « dépasser les particularismes culturels et surtout les dissensions politiques entre clans ». Le but ultime étant d'unifier leur royaume. En somme, la conversion au christianisme avait pour origine des motivations essentiellement politiques. Le prince norvégien Håkon le Bon se fit baptiser en Angleterre et, de retour en Norvège, entreprit une christianisation de son pays. Il rencontra une forte opposition à la propagation de sa foi. « En 933, des sujets de Hakon [le Bon] brûlèrent des églises, tuèrent des prêtres et forcèrent Hakon à abandonner son projet de christianiser tout le pays ». « L’opposition à la foi chrétienne fut brisée plusieurs dizaines d'années plus tard avec une violence peu chrétienne, d'abord par le roi Olaf Tryggvason, baptisé en 995.» « Il fit preuve d’une poigne évangélisatrice redoutable pendant les cinq ans de son règne sans doute mû par un fanatisme religieux hors du commun. Son œuvre fut achevée par Olaf Haraldson»(1016-1028). "Olaf Haraldsson lança la christianisation plutôt par l’épée que par le verbe. La résistance païenne fut tenace surtout dans le Trondelag de telle sorte que en 1030 le roi Olaf trouva la mort à la bataille de Stiklestad." Au Danemark, Harald à la Dent Bleue agit de même. En 985, le royaume est unifié et christianisé sous sa poigne. En Suède, malgré le zèle des missionnaires comme l’évêque Bruno de Querfurt, le paganisme demeurait encore au XIe siècle. Les missionnaires, voyant qu’ils ne pouvaient pas détruire les anciennes croyances, les christianisèrent progressivement en récupérant les anciennes déités païennes.

La christianisation engendra des résistances suivies de bannissements et de brutalités, car cette nouvelle foi était coercitive, imposant un dieu unique. Les Vikings avaient l’obligation d’abandonner leurs anciennes croyances. « L’Église n’autorise pas d’autres dieux, qu’elle considère comme des démons et des forces du Mal. Freyja, la grande Déesse des Vikings, symbole de la fécondité, fut pour l’Église un objet de ridicule et de mépris » . Les textes de Snorri Sturluson lui-même vantaient les exactions chrétiennes. « Ceux qui n’abandonnaient pas le paganisme étaient expulsés, à d’autres il [nldr Olaf Haraldson]) faisait couper les mains ou les pieds ou extirpait les yeux, pour certains il les faisait pendre ou décapiter, mais ne laissait impuni aucun de ceux qui ne voulaient servir Dieu (...) à qui il affligeait de grands châtiments (...). Il leur [au peuple norvégien] donna des clercs et en institua dans les districts... ».

En Suède, les Varègues furent contraints d’accepter la christianisation, en même temps que les Slaves, en 989, lors du baptême général ordonné par le roi Valdimarr. "Le puissant roi chrétien Olof Skötkonung voulut imposer le christianisme, la résistance fut si forte que des missionnaires chrétiens furent attaqués et tués" 

La christianisation de l'Islande se présente sous un autre jour. Au cours d'une réunion de l'Althing au solstice d’été de l'an 999, les Islandais décidèrent, contraints et forcés, d'adopter le christianisme officiellement. « Les menaces du roi Olafr Tryggvason, qui décide de garder tous les fils de grands chefs Islandais séjournant en Norvège, pèsent certainement d’un grand poids sur le fameux Althing de 999 ». Régis Boyer: Il me semble que c'est là un point décisif et je m'étonne que la plupart des commentateurs se croient tenus de l'escamoter (...) L'Islande se divise en deux camps, le païen et le chrétien, qui évitent de peu l'affrontement violent, juste avant l'ouverture de l'althing de 999. Thorgeirr Ljosvetningagodi, un chef reconnu des deux parties, est chargé de trancher: il décide après une très longue réflexion solitaire que tous les Islandais seront chrétiens. « Olafr Tryggvason fit preuve d’une poigne évangélisatrice redoutable, il imposa le christianisme aux Féroé, avec l’aide du jeune chef Féroïen Sigmundr Brestisson, converti à la nouvelle religion (Faereyinga saga) et en Islande, en envoyant des missionnaires comme Thangbrandr dont l’efficacité n’avait d’égale que la violence (Kristni saga). En 999, une décision officielle, après un débat houleux de l’Althing, établit la nouvelle religion : la loi obligeait les Islandais qui n’étaient pas encore baptisés à le faire. ». D’autre part, ils craignaient une division religieuse, et donc politique, du pays entre païens et chrétiens, ces derniers étant déjà nombreux sur l'île. Risque de partition d'autant plus grand que l'Islande ne connaissait pas ni roi ni quelconque prince à sa tête. L'historien Olaf Olsen :"C’est également sous la pression d’olaf Tryggvason qui menait alors un combat acharné contre le paganisme norvégien, que l’Islande accepta le christianisme." 

Les Croyances Vikings 

Article détaillé : Croyances Vikings.
« Nous autres camarades n’avons pas d’autre croyance qu’en nous-mêmes et en notre force et capacité de victoire, et cela nous suffit amplement. »

— Formulation de Gauka-Thorir chapitre CCI Olafs saga hins Helga

Cette formulation se retrouve dans d’autres textes, où ils affirment : ne croire qu’en leur propre puissance et capacité de réussir « eiginn mattr ok megin ». Ils disent ne croire qu’en leurs propres forces , et capacité de victoire « afl okkat » .

Les Vikings ne sont en aucun cas des fatalistes subissant un destin. Ce sont avant tout des combattants et des hommes libres qui décident de leur sort au risque de déplaire aux dieux. Ils croient également à la magie et à la divination pour percer les projets de leurs ennemis, des dieux et des forces tutélaires, afin de changer le cours des évènements, d'anticiper sur le destin, donc de le modifier, car rien n'est écrit définitivement. Ces faits sont très éloignés et incompatibles avec la vision du Destin implacable, des auteurs chrétiens qui ont rédigé ou corrigé la quasi totalité des documents dont nous disposons. Il n'y a donc pas de destin que leur volonté ne puisse modifier. « les Scandinaves étaient des hommes d’actions prisant les valeurs d’actions et on leur fait tort en les accablant de pratiques et de concepts dont, sans aucun doute, ils eussent été fort empêchés !»

 

 


 

 

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Publié dans Aventuriers

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