L'étrier et le cheval
En équitation, l'éperon est un instrument qui se fixe sur la cheville du cavalier. Il s'agit d'une aide artificielle qui prolonge l'action de la jambe en la renforçant et en la rendant plus précise.
Description
Un éperon est formé de deux branches en forme de U avec une tige à sa base et maintenu par une courroie au niveau de la cheville du cavalier, sur la botte ou la chaussure.
Le cavalier porte l'éperon dès qu'il a atteint un niveau permettant une fixité des jambes et dès qu'il a besoin de mobiliser les hanches du cheval au dressage. En saut d'obstacles ou en cross, l'éperon permet de maintenir l'impulsion tout en permettant de contrôler plus finement l'incurvation du cheval dans les tournants. Contrairement à une idée reçue, l'éperon est bien plus un outil de précision qu'un moyen de coercition. Sa précision et son efficacité ont fait dire à François Baucher : « l'éperon est un rasoir dans les mains d'un singe ».
L'éperon est aussi utilisé par le chevalier et en monte américaine. Dans ce dernier cas, on l'utilise aussi comme outil de précision par exemple pour le reining et la plaisance western, où les figures demandent de la précision. Le préjugé selon lequel on utilise l'éperon à des fins correctives est faux.
Forme des éperons [modifier]
Il existe différentes formes d'éperon. La longueur et la forme de la tige déterminent son action ainsi que la présence d'une molette à dents ou d'une molette lisse.
- Longueur de la tige
- Pour un éperon classique la tige est généralement de 20 ou 35 mm. Les tiges des éperons américains pour l'équitation Western sont souvent plus longues. En fait, plus le cavalier chausse long et plus ses pieds, de par leur position plus basse, se retrouvent loin du corps du cheval. Aussi, pour conserver un contact fin, il est plus approprié de s'équiper avec des éperons à longues tiges.
- Présence d'une molette
- La molette est une rondelle métallique tournant librement autour d'un axe au niveau de la tige de l'éperon. Elle peut être lisse ou dentée. Les molettes lisses adoucissent l'action de l'éperon en permettant à celui-ci de glisser sur le poil en cas d'action mal dosée. Plus la molette lisse est grosse et plus elle adoucit l'action. La molette à dents dose légèrement ou durcit l'action des jambes en fonction de la longueur et de la finesse des dents ainsi que de la taille de la molette.
Accessoires
Les courroies servent à maintenir l'éperon fixé à la cheville.
Une gaine de caoutchouc peut être ajustée sur les branches de l'éperon. Son rôle est d'accrocher la botte pour éviter que l'éperon glisse et descende en bas du talon.
Modèles d'éperons
Il existe de nombreux modèles d'éperons sur le marché mondial. Certains sont adaptés à un sport équestre particulier d'autre sont plus « génériques ».
D'une façon très générale, le choix des éperons dépend de trois facteurs principaux : la discipline pratiquée, le tempérament du cheval et le niveau du cavalier (fixité des jambes).
- Discipline pratiquée : plus la discipline exige de chausser court, plus les tiges d'éperons sont courtes.
- Tempérament du cheval : plus le cheval est sensible et réactif aux actions de jambes, plus l'effet des éperons devra être dosé. L'éperon le plus doux est celui à grosse molette lisse.
- Niveau du cavalier : plus le cavalier est débutant, plus ses éperons doivent être doux avec une tige courte.
- Éperon à bouts ronds : éperon court dont la tige se termine par une boule.
- Éperon col de cygne : éperon dont la tige remonte verticalement puis s'oriente progressivement vers l'horizontale à son bout, donnant à la tige une forme de cou de cygne. Cette forme est utile aux cavaliers aux longues jambes qui pratiquent une équitation nécessitant de chausser long (dressage, équitation Western, etc.).
- Éperon marteau : éperon à longue tige dont le bout est évasé pour augmenter la surface de contact avec le corps du cheval. S'il est employé en équitation de saut d'obstacles, il exige une fixité sans faille de la jambe, notamment pendant le saut.
- Éperon Pessoa : éperon de toutes formes dont les branches sont recouvertes de caoutchouc et dont les passants de courroies sont en forme de "S" pour limiter le déréglage de la longueur . L'illustration ci-dessous montre un éperon Pessoa muni d'une tige courte avec une grosse molette lisse. Ce type d'éperon est particulièrement adapté au saut d'obstacles et au cross pour les chevaux chauds et sensibles.
- Éperon prince de Galles : éperon de 20 ou 35 mm. La tige est légèrement inclinée vers le bas et son bout possède des formes variées selon l'effet plus ou moins « attaquant » recherché.
- Éperon Schultheis : éperon à longue tige et à molette dentée dont les pointes des dents sont arrondies pour un meilleur dosage de l'action.
- En équitation, « monter en amazone » signifie chevaucher avec les deux jambes du même côté du cheval. Une selle spéciale est utilisée, elle est composée d'un seul étrier, à gauche normalement, à droite pour les princesses, et de deux fourches à gauche autour desquelles on enroule ses jambes, la gauche en dessous et la droite au dessus. Jusqu'au XXe siècle, les femmes montaient presque toutes en amazone, leurs jupes les empêchant de monter à califourchon sans montrer leurs jambes. Une autre raison de la naissance de la monte en amazone vient de l'importance accordée à la virginité des femmes avant le mariage. En effet on a considéré pendant longtemps que la monte à califourchon pouvait provoquer une perte de la virginité par déchirement des tissus. Aujourd'hui, la monte en amazone est de nouveau en développement, en particulier en Angleterre, en France, mais aussi en Espagne et en Belgique. Il existe des associations de cavalières en amazone dans ces pays qui promeuvent cette monte qu'on appelle aussi « monte dans les fourches ». La monte en amazone ne constitue pas une discipline particulière en équitation, mais une façon différente de pratiquer les mêmes disciplines qu'à califourchon. Les amazones sont ainsi bien représentées tant en dressage, saut d'obstacles, spectacle, présentations historiques que vénerie ou équitation de travail.
- Il existe des unités de police montée un peu partout autour du monde, ils ont pour fonction de servir les zones difficiles d'accès, où le cheval est souvent le meilleur moyen de déplacement, et dans les zones urbaines pour le contrôle des foules, mais certains services de police les conservent simplement pour les besoins cérémoniels. Aux États-Unis, la plus grande force de ce type dans une région métropolitaine se retrouve à Minneapolis, au Minnesota. Le U.S. Border Patrol fait également des patrouilles à cheval le long de la frontière avec le Mexique. Les chevaux qui patrouillent au Nouveau-Mexique sont nourris avec une moulée spéciale dont les grains, rejetés dans leur crottin, ne peuvent pousser afin d'éviter l'introduction de plantes exotiques dans les zones désertiques patrouillées.