L'Oeil (suite et fin)
- L'oeil,
Les paupières
Quels sont les pathologies des paupières ?
Les paupières sont les gardes du corps de l'œil. En se fermant, elles le protègent des agressions ; en clignant, elles répartissent les larmes et humidifient la cornée. Les paupières peuvent présenter plusieurs types de pathologies ou anomalies :
• le ptosis ou chute de la paupière supérieure : plus ou moins prononcé, uni ou bilatéral, acquis (vieillissement, traumatisme) ou congénital (existe à la naissance);
• la lagophtalmie ou fermeture insuffisante : essentiellement consécutive à une paralysie faciale, un traumatisme ou une intervention sur les paupières;
• les troubles de la statique palpébrale - entropion et ectropion : mauvais déplacement du bord des paupières en raison du vieillissement;
• le blépharochalazis ou vieillissement prématuré : apparition de poches de graisse accompagnées parfois d'un excès de peau au niveau de la paupière inférieure ou de la paupière supérieure et pouvant entraîner larmoiement et dommage esthétique.
A quel âge peuvent survenir ces troubles ?
• le ptosis : dès le plus jeune âge;
• la lagophtalmie : plutôt chez l'adulte;
• la statique palpébrale : plutôt chez le sujet âgé, mais il existe des formes congénitales;
• la blépharoplastie : chez l'adulte ou le sujet âgé.
Comment soigne-t-on les pathologies des paupières ?
• le ptosis : en général par chirurgie, sous anesthésie locale (sauf chez les enfants). L'intervention dure de 20 minutes à 1 heure. Le but est, le plus souvent, de raccourcir le muscle releveur de la paupière;
• la lagophtalmie : par chirurgie, essentiellement sous anesthésie locale. L'intervention dure environ 30 minutes. Le but est de rapprocher les deux paupières en alourdissant la paupière supérieure ou en retendant la paupière inférieure;
• ectropion et entropion : par chirurgie, essentiellement sous anesthésie locale. L’intervention varie de 15 à 30 minutes. Le but est de remettre en place la paupière déviée;
• la blépharoplastie esthétique pour blépharochalazis : par chirurgie au laser, essentiellement sous anesthésie locale. L’intervention varie de 20 à 30 minutes. La technique consiste à pratiquer l’ablation de l'excès de peau et des poches graisseuses en les sectionnant avec le laser CO2 utilisé comme bistouri. Il est aussi possible de traiter certaines rides des paupières et du visage avec le laser CO2.
Consultation externe, chirurgie ambulatoire
ou hospitalisation ?
• le ptosis : chirurgie ambulatoire ou hospitalisation;
• la lagophtalmie : chirurgie ambulatoire ou hospitalisation;
• la statique palpébrale : chirurgie externe ou ambulatoire;
• la blépharoplastie : chirurgie ambulatoire ou hospitalisation.
En combien de temps apprécie-t-on le résultat ?
Le temps de récupération est de plusieurs semaines pour la blépharoplastie et la statique palpébrale, et de plusieurs mois pour la lagophtalmie et le ptosis. La vue peut rester brouillée quelques jours ou quelques semaines.
Quelles précautions prendre après l'intervention ?
Dans tous les cas, pour éviter une infection ou tout autre problème sérieux, il est indispensable de respecter les prescriptions du chirurgien. Il faut également éviter de se frotter les yeux et les paupières et de s'exposer au soleil.
Existe-t-il des effets secondaires ou des complications ?
• le ptosis : la paupière de l'œil opéré peut mal se fermer ou ne pas se relever suffisamment. Une nouvelle intervention peut s'avérer nécessaire;
• la lagophtalmie : dans certains cas, très rares, il peut y avoir un résultat insuffisant;
• la statique palpébrale : il peut y avoir récidive, sur ou sous correction;
• la blépharoplastie : parfois survient un œdème ou une ecchymose dans la semaine qui suit l'intervention. Les complications sont rares.
Les voies lacrymales
Quel est le rôle des larmes ?
Les larmes sont sécrétées en permanence par les glandes lacrymales (formations anatomiques glandulaires sécrétant les larmes), situées dans la partie supérieure et extérieure de l'orbite. Elles humidifient continuellement la cornée. Lorsqu'elles ne remplissent plus ce rôle, la cornée se dessèche ce qui engendre de graves conséquences pour la vision.
Qu'entraîne un dysfonctionnement des voies lacrymales excrétrices ?
C'est le larmoiement. La formation d'un obstacle sur le trajet des voies d'écoulement des larmes (depuis l'angle interne de l'œil jusqu'aux fosses nasales où elles se déversent, puis dans la gorge où elles sont avalées), une production trop importante de larmes ou un mauvais écoulement entraînent un larmoiement qui peut se compliquer et provoquer une infection. La raison peut aussi venir d'une mauvaise position des paupières.

A quel âge un dysfonctionnement des voies lacrymales peut-il apparaître ?
Il peut apparaître dès la naissance.
Comment soigne-t-on ce dysfonctionnement ?
Le traitement chirurgical est différent selon les cas. Le chirurgien peut :
• agir sur le canicule lacrymal (cf. schéma) : canaliculoplastie / intubation;
• agir au niveau du sac lacrymal (cf. schéma) : dacryocystorhinostomie pour rétablir la continuité du passage des larmes;
• mettre en place une prothèse ou un tube qui dévie directement les larmes de l'angle interne de l'œil aux fosses nasales lorsque les autres techniques ne sont pas possibles;
• agir sur les paupières.
L'anesthésie est le plus souvent locale chez les adultes et générale chez les enfants. L'intervention dure de 20 à 30 minutes.
Consultation externe, chirurgie ambulatoire
ou hospitalisation ?
• dacryocystorhinostomie : hospitalisation de 48 heures (le patient entre à la clinique la veille de l'opération et ressort le lendemain);
• intubations, sondages : chirurgie ambulatoire.
Au bout de combien de temps cesse le larmoiement ?
Le temps de récupération est de 8 jours environ.
Quelles précautions prendre après l'intervention ?
Il est très important de ne pas toucher l'intubation. En cas d'expulsion de l'intubation, il convient de fixer la sonde sur le nez pour éviter tout frottement sur l'œil et de reprendre contact avec l'ophtalmologiste.
Existe-t-il des effets secondaires ou des complications ?
Pour éviter une infection ou tout autre problème sérieux, il est absolument nécessaire de respecter les prescriptions du chirurgien. Les complications sont très rares, mais la rechute est possible. Il arrive parfois que l'obstacle se reforme, ce qui nécessite une nouvelle intervention.
| DEFINITIONS Œdeme : infiltration et gonflement des tissus par du sérum. Ecchymose : infiltration des tissus par du sang. Voies lacrymales excrétrices : les canalicules, le sac lacrymal et le canal lacrymonasal, qui assurent le passage des larmes depuis l'œil vers le nez. Fosses nasales : ce sont deux cavités qui constituent, entre autres, le nez et les narines. Intubation : petit tube placé entre les deux canalicules dans l'angle interne de l'œil. |
Le strabisme
Qu'est-ce que le strabisme ?
C'est une déviation des axes oculaires, l'un par rapport à l'autre. Il peut s'agir d'un :
• strabisme horizontal : l'œil dévie en dedans (strabisme convergent) ou en dehors (strabisme divergent);
• strabisme vertical : l'œil dévie vers le haut ou vers le bas.
Un strabisme peut s'accompagner :
• d'une baisse de la vue survenant sur l'œil le plus dévié. On parle alors d'amblyopie, qui est certainement la conséquence la plus ennuyeuse du strabisme;
• d'une altération de la vision binoculaire (fonction qui permet notamment une bonne appréciation du relief et de l'espace);
• d'une limitation ou d'une exagération des mouvements oculaires dans une direction du regard : on parle alors d'hypo ou d'hyperaction d'un ou de plusieurs muscles oculaires.
A quel âge peut-on souffrir de strabisme ?
Le strabisme peut apparaître dès les premiers mois de la vie et le plus souvent avant 4 ans. On estime que 3% à 4% des enfants sont concernés par cette affection.
Comment apparaît un strabisme ?
Les causes réelles sont inconnues, mais on sait qu'il existe une prédisposition familiale. Certains strabismes peuvent apparaître en cas d'anomalie sur un œil ou sur les deux yeux, comme une cataracte congénitale ou une forte myopie unilatérale. 5 à 10% des strabismes de l'enfant sont de nature paralytique, c'est-à-dire secondaires à une paralysie d'un ou de plusieurs muscles oculaires.
Comment corrige-t-on le strabisme ?
Le traitement du strabisme a un triple but :
• prévenir ou guérir la mauvaise vision d'un œil (amblyopie)
• redresser la déviation
• restituer éventuellement une vision binoculaire se rapprochant le plus possible de la normale. Deux types de traitements sont possibles :
le traitement médical : la correction optique est indispensable et permet parfois de corriger tout ou partie d'une déviation. Pour l'amblyopie, le meilleur œil est caché afin de contraindre l'œil affaibli à prendre la fixation;
le traitement chirurgical : il vise à redresser la déviation strabique non corrigée par les verres, en affaiblissant ou en renforçant un ou plusieurs muscles oculaires. L'intervention est réalisée sous anesthésie générale; sa durée varie entre 15 et 40 minutes.
Consultation externe, chirurgie ambulatoire
ou hospitalisation ?
Le traitement chirurgical du strabisme nécessite une hospitalisation de 24 à 48 heures.
La chirurgie du strabisme affecte-t-elle la vision ?
Non, la chirurgie du strabisme ne modifie pas la vue et ne change rien à la correction optique portée. Cependant, un trouble visuel passager est fréquent, secondaire à l'irritation oculaire due à l'intervention.
Quelles précautions prendre après l'intervention ?
Des soins locaux (nettoyage à l'aide d'une lotion oculaire et collyre) sont à respecter soigneusement dans les semaines suivant l'intervention. Pendant cette période, il convient d'éviter tout facteur d'irritation (sable, piscine…).
Existe-t-il des effets secondaires ou des complications ?
Après la chirurgie, l'œil opéré est souvent rouge, irrité, et il peut parfois y avoir un gonflement des paupières. Un traitement anti-douleur et anti-inflammatoire permet d'atténuer progressivement ces phénomènes désagréables. Le principal risque de l'intervention reste la persistance d'un strabisme, par sur ou sous-correction, qui pourra nécessiter une nouvelle intervention chirurgicale. Quoi qu'il en soit, la chirurgie ne dispensera jamais de la correction optique et d'une surveillance orthoptique régulière.
| DEFINITIONS L’axe oculaire correspond à l'axe visuel de l'œil, c'est-à-dire schématiquement la ligne qui part du centre de la rétine (fovéa), sur la partie postérieure de l'œil, et rejoint le point de fixation de l'œil. |
La basse vision
qu'est-ce que la basse vision?
La "basse vision" est le terme utilisé pour désigner le handicap visuel modéré ou sévère non améliorable par médicament, lunettes, lentilles ou intervention chirurgicale.
En France, comme dans l'ensemble des pays industrialisés, la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est la première cause de déficience visuelle après 60 ans. Avant cet âge, les principales causes sont le diabète (en cas de rétinopathie diabétique grave), le glaucome à un stade tardif et certaines maladies oculaires génétiques.
Dans le grand Ouest, 49 000 personnes de plus de 55 ans seraient déficientes visuelles, dont 12 500 pour la seule région des Pays de la Loire. Pour d'autres informations générales sur la situation dans les pays de la Loire, lire le texte intégral du rapport de l'Observatoire Régional de la Santé des Pays de la Loire sur la Basse-Vision (partie 1 - partie 2 - partie 3).
Les professionnels spécialistes de la malvoyance :
Ceux-ci regroupent plusieurs professions parmi lesquelles :
• les médecins ophtalmologistes à consulter avant toute chose pour établir un diagnostic, un pronostic, et un traitement médical ou chirurgical. Les conclusions du médecin servent de base à l'action des autres professionnels.
• les orthoptistes peuvent dans certains cas aider le patient à " voir autrement", c'est-à-dire à utiliser au mieux la vision restante, en optimisant le mouvement et l'orientation des yeux, par des exercices de rééducation adaptés à chaque cas.
• les opticiens peuvent vous faire essayer différents systèmes optiques grossissants, de la simple loupe au téléagrandisseur informatique
• les instructeurs en activités de la vie journalière qui peuvent faciliter vos gestes quotidiens par différentes techniques et matériels
• les instructeurs en locomotion qui peuvent vous aider à vous déplacer à l'extérieur
• les psychologues pour vous assister et vous écouter.
Le centre basse vision de la clinique Sourdille
Il réalise, sous la responsabilité du Dr X. Zanlonghi, le bilan et la rééducation basse vision des patients déficients visuels.
Le Réseau Basse Vision de Proximité des Pays de la Loire :
• Dans les Pays de le Loire, un réseau de professionnels s'est constitué pour aider les patients malvoyants. Certains praticiens de la Clinique Sourdille particulièrement concernés par la prise en charge des patients malvoyants ont bien sûr adhéré à ce réseau.
• Ce réseau s'adresse aux personnes malvoyantes (atteinte modérée ou sévère), adultes de plus de 20 ans, assurées sociales, habitant les Pays de la Loire, et qui souhaitent préserver leur qualité de vie et leur autonomie.
• La mission du réseau est de permettre aux personnes qui font appel à lui d'utiliser au mieux leurs capacités visuelles résiduelles. Pour cela, un entretien personnalisé avec un professionnel permettra d'envisager la solution la plus adaptée, d'orienter vers les professionnels appropriés le plus près possible du domicile, de coordonner les réadaptations justifiées par l'évolution éventuelle de la malvoyance, de conseiller les services administratifs utiles.
• Les moyens du réseau : des professionnels libéraux, institutionnels ou hospitaliers; des partenaires régionaux (Les Hauts Thébaudières (44), Insitut Montéclair (49), CRMBV, associations...); un engagement sur une charte qualité; une équipe de coordination (écoute, assistance, informations...), la participation active à la formation des professionnels et à la recherche médicale.
• L'ANTENNE OUEST s'occupe des patients de Loire-Atlantique (44) et vendée (85) : 100, rue du Coudray 44000 NANTES. Téléphone 02 51 83 18 77. Fax : 02 40 76 42 82; E-mail : secretaire-ouest@rbvpdl-prox.fr
• L'ANTENNE EST s'occupe des patients de Maine-et-Loire (49), Sarthe (72) et Mayenne (53) : 27, rue Voltaire 72000 LE MANS. Téléphone 02 43 28 63 98; Fax 02 43 43 07 17; E-mail : secretaire-est@rbvpdl-prox.fr; site internet : http://www.rbvpdl-prox.fr
Quelques sites utiles concernant la déficience visuelle :
• http://www.bassevision.net : site spécialisé très riche en informations dont le webmaster est le Dr Xavier Zanlonghi, spécialisé dans ce domaine.
• http://annuaire.didier-gras.com : annuaire francophone de la déficience visuelle, donnant accès à plus de 200 ressources internet sur le sujet de la déficience visuelle.
• http://daniel.calin.free.fr : liste de sites d'associations ou d'organisations centrées sur le handicap visuel.
Les problèmes visuels de l'enfant
Le developpement visuel de l'enfant
Dès sa naissance, le bébé distingue les formes, les couleurs, les mouvements. Il voit également le visage de sa maman. Pour autant, sa vue doit encore se développer. En grandissant, il percevra les détails de plus en plus fins, de plus en plus lointains, et atteindra sa vision d'adulte vers l'âge de 10 ans.
Les examens ophtalmologiques chez l'enfant
Quand ?
• A 9 mois : l'examen n'est pas obligatoire mais conseillé pour les enfants à risque (enfant prématuré, maladie génétique, problèmes ophtalmologiques familiaux, lorsque l'enfant a un oeil qui dévie).
• A 3 ans : l'examen est obligatoire.
• Avant l'entrée en primaire : l'examen est conseillé.
Les pathologies les plus fréquentes chez l'enfant
Un enfant sur dix a un défaut visuel (myopie, astigmatisme, hypermétropie…). Le plus souvent, il peut être corrigé par le port de lunettes.
Plus rares sont les strabismes (3% des enfants), conjonctivites ou dysfonctionnements des voies lacrymales.
Les premiers symptômes d'une mauvaise vision chez le bébé et le très jeune enfant
• Il ne cligne pas des yeux à la lumière vive.
• A quelques semaines, il ne suit pas un objet qui se déplace.
• Son regard n'accroche pas (il ne fixe pas les visages ou son biberon).
• Sa sensibilité à la lumière est trop forte (il ferme les yeux)
• Ses yeux bougent sans cesse
• Il louche en permanence ou par moment
• Il s'éveille mal (désintéressement qui peut aussi être lié à un problème de surdité).
L'enfant malvoyant
• Peut-on naître non-voyant ?
Oui, même si cette situation est exceptionnelle.
• Que faire en présence d'un enfant malvoyant ou non-voyant?
Consulter une équipe spécialisée pour obtenir des renseignements médico-sociaux et, si besoin, des aides techniques et une rééducation.
Que faire quand… ?
• L'enfant reçoit un produit chimique dans l'œil.
Rincer l'œil abondamment avec de l'eau claire (bouteille ou robinet), pendant au moins 10 minutes, avant de conduire l'enfant chez l'ophtalmologiste.
• L'enfant reçoit un projectile sur l'œil.
Si l'œil est atteint par un coup de poing, une balle, une fléchette, un crayon…, conduire l'enfant chez l'ophtalmologiste.
• Le rayonnement solaire est important.
Protéger les yeux de l'enfant avec des lunettes de soleil (normes NF) et un chapeau.
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